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Les affections des musiciens

P1000580Voici l’objet du travail de l’Institut de Médecine des Arts-Musique où j’ai été formée:

Les pratiques musicales sont une source de plaisir, mais également exposent à des contraintes physiques et psychologiques insuffisamment connues des thérapeutes et des musiciens eux-mêmes.
Les contraintes qui pèsent sur les pratiques artistiques sont variés selon l’instrument, le mode de pratique (concertiste, musicien d’orchestre, soliste, amateur, professionnel, élève), les répertoires (classique, rock, jazz, variétés, etc.), l’environnement, le rythme de travail, etc. Mais certains risques sont présents quelle que soit la pratique, tout en s’exerçant à des degrés divers.
Les maladies liées aux pratiques musicales sont de gravité variée, de symptômes gênant peu ou pas la pratique à des lésions suffisamment graves pour imposer a minima l’arrêt momentané de la pratique. L’effet cumulatif des contraintes physiques exigées pour jouer d’un instrument est différent selon les instruments, mais toujours présent. Si les contraintes mécaniques entraînent des effets pathologiques à court terme, le plus souvent se surajoutent des postures inadéquates, des compensations multiples, des gestes respectant peu la physiologie qui ont alors des répercussions à plus long terme.
Les études épidémiologiques révèlent l’étendue du problème. Le risque d’affections des musiciens en relation avec leur pratique est extrêmement fréquent.
50 à 76 % des musiciens professionnels vont être affectés par des troubles ostéo-articulaires. La prévalence de ces troubles de santé chez les instrumentistes à vent dans la famille des cuivres : cor anglais (french horn), trombone, trompette ou tuba, est de 63 %, et celle-ci est plus importante encore pour des instruments comme les cordes par exemple. La douleur est un symptôme que l’on retrouve fréquemment chez le musicien ; elle est présente chez 89 % des musiciens de conservatoire de haut niveau et celle-ci est majoritairement liée (>50%), d’après les musiciens eux-mêmes, à la pratique artistique.
Cela ne résume pas l’ensemble des troubles qui affectent le musicien : le stress, le trac, la dystonie de fonction, les problèmes dermatologiques, de la sphère orale et de l’embouchure des instrumentistes à vent, de l’audition sont autant de troubles qui les affectent.

1. Tendinite (syndrome de surmenage spécifique)
2. Syndrome de surmenage non spécifique
3. Compressions nerveuses
4. Dystonie de fonction
5. Troubles auditifs
6. Troubles dermatologiques
7. Affections de l’embouchure de l’instrumentiste à vent
8. Troubles des articulations-temporo-mandibulaires
9. Stress
10. Trac
La prévention est une nécessité, une exigence que chaque musicien doit intégrer afin d’éviter les risques et les affections qui peuvent mettre en difficulté la pratique et la carrière elle-même. La prévention sera d’autant plus efficace qu’elle va s’intégrer dans une véritable stratégie préventive qui prendra en compte l’ensemble des risques, organisationnels, environnementaux, techniques, psychologiques, gestuels et posturaux.

être attentif aux matériels, aux lieux de pratique
développer de bonnes habitudes de pratique, des pauses, des répertoires appropriés
prendre conscience de la dimension corporelle et psychologique de la pratique
développer des comportements de base salutogène (bien-être, hygiène de vie)
développer des gestes et des postures physiologiques
Médecine des arts se consacre depuis 1975 à la santé des artistes et particulièrement du musicien. Médecine des arts® développe des programmes de prévention, de recherche, de formation et a mis en place un réseau permettant une prise en charge spécialisée. Médecine des arts a créé en 1990 le premier Diplôme européen de Médecine des arts dédié à la santé du musicien. Le site internet Médecine des arts est le support sur la santé du musicien le plus visité sur le plan international. Le site Médecine des arts® a été créé pour améliorer la qualité de l’information destinée aux musiciens, aux thérapeutes et à toutes les personnes concernées par la santé des artistes et pour développer les connaissances dans ce domaine.

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Technique EMDR

Mise au point dans les années quatre vingt par une psychologue californienne, Francine Shapiro, l’EMDR (Eye Movement Désensibilisation and Reprocessing) est une méthode adaptée au traitement des désordres consécutifs aux traumatismes psychiques.
Bien souvent, les personnes ayant subi un traumatisme tel qu’une agression sur ses biens ou sa personne, un viol, un accident.., vont manifester les signes d’un désordre plus ou moins important sur les plans psychologiques et somatiques.
Après avoir vécu une situation traumatisante, il est en effet fréquent qu’une personne développe des attitudes d’hypervigilance (sursauter au moindre bruit, par exemple), des rituels de vérification, ou encore des moments de reviviscence sous la forme de flash de certains aspects de la situation. Les troubles du sommeil sont également fréquents, ainsi que le développement de phobies. fatigue, hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque peuvent compléter le tableau, la liste n’étant pas exhaustive.
Parfois, la personne trouvera suffisamment de ressources en elle même pour retrouver son équilibre, mais il peut arriver que ces symptômes se maintiennent et évoluent dans le temps.
Selon la théorie développée par I’EMDR, le traumatisme reste ainsi comme gravé dans le système nerveux. Le souvenir des images, émotions, sensations corporelles ainsi que les émotions et convictions vécues pendant l’événement sont alors stockées dans le cerveau émotionnel.
L’EMDR permet de restaurer les processus associatifs et de digérer, en quelque sorte, le traumatisme.
La méthode comporte différents stades histoire clinique, évaluation de la situation, désensibilisation, installation, scanner corporel, terminaison. Un des exercices particuliers de la méthode consiste à suivre du regard une main que le thérapeute déplacera latéralement devant les yeux du sujet, d’où son nom. Le patient est invité à retrouver les émotions, les sensations, les pensées et convictions qu’il a pu avoir pendant l’événement. La réaction attendue est la résolution du traumatisme au travers d’un changement de point de vue.
D’après le professeur Stickgold, du laboratoire de neurophysiologie et d’études sur le sommeil et les rêves de Harvard, cette technique trouve peut être une justification scientifique dans l’observation des mouvements oculaires rapides qui apparaissent spontanément lors d’une période du sommeil nommée sommeil paradoxal et que les anglo saxons appellent la période REM (Rapid Eyes Movements) pour cette raison.
Le sommeil est en effet constitué d’une succession de cycles, chaque cycle d’une durée approximative de 1heure 30 comportant lui même plusieurs phases alternativement dc sommeil léger, sommeil profond… dont une phase de sommeil paradoxal. La fonction de cette phase du sommeil pendant laquelle le cerveau présente une activité au moins aussi importante qu’à l’état de veille serait de permettre la réorganisation et l’intégration des souvenirs, un peu à la manière dont on défragmente les informations enregistrées sur le disque dur d’un ordinateur.
Le professeur Stickgold pense que pendant cette phase de sommeil, comme pendant les séances d’EMDR, les liens entre souvenirs et émotions seraient retravaillés et, en quelque sorte, métabolisés.
Dans la pratique, le thérapeute peut être amené à utiliser d’autres modes de stimulation sensorielle que les mouvements des yeux en faisant entendre à son patient un son en alternance entre l’oreille gauche et l’oreille droite, ou encore en tapotant alternativement la partie droite et la partie gauche du corps au niveau du genou ou des épaules, par exemple.

En savoir plus sur l’EMDR Association EMDR France

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