Les vergetures des cordes vocales

chant-vergeture-550[1]Le terme de sulcus a été utilisé dès le début du siècle dernier pour désigner une lésion observée en laryngoscopie indirecte sous la forme d’un sillon blanchâtre situé parallèlement au bord libre de la corde vocale. La nosologie de ces lésions a été clarifiée par Cornut et Bouchayer [[Bouchayer M, Cornut G. Microsurgical treatment of benign vocal fold lesions: indications, techniques, results. Folia Phoniatr (Basel) 44 : 155-184, 1992.]], Pour ces deux auteurs, il existe deux entités anatomiques différentes et ils introduiront les notions de sillon étroit pour le sulcus glottidis, et sillon large pour les vergetures.
Qu’est-ce qu’une vergeture des cordes vocales ?
C’est par similitude avec la lésion cutanée de même nom que ce terme a été attribué au sillon large des cordes vocales.
Que sont les vergetures des cordes vocales ?
Uni ou bilatérales, les vergetures correspondent à des sulci (voir Sulcus glottidis) (Chalabreysse et al., 1999) plus larges et plus profonds.
Ce sont des sillons larges (plus d’un millimètre de hauteur n’est pas rare) et longs qui se situe quasiment tout le long de la corde vocale. « L’atrophie est telle que le bord libre cordal apparaît concave et sévèrement arqué » Finck.
Vergeture (Garel 1920) désigne un aspect de sillon atrophique plus ou moins étendu au niveau du bord libre de la corde vocale, donnant à cette dernière une allure arquée. La berge inférieure de ce sillon comporte souvent une bride fibreuse sous-muqueuse tendue et rigide, alors que la berge supérieure est plus souple. La muqueuse tapissant le fond de la vergeture est très mince et atrophique, et adhère intimement en profondeur au ligament vocal sur lequel elle ne peut plus coulisser.

Comment se présentent les vergetures ?
Elles sont en forme de tranche d’agrume. Le fond est une muqueuse très atrophique, sans sous-muqueuse, si bien qu’elle adhère au ligament élastique dont les fibres sont parfois visibles.
Les vergetures sont situées le long du bord libre de la corde vocale. La berge inférieure est saillante et tendue, bridant le bord à sa partie inférieure. La berge supérieure est plus plate, suivant le bord libre.
Il y a toujours un amincissement du ligament élastique, atrophique.
Les vergetures sont presque toujours bilatérales, par forcément symétriques. Elles suppriment toute souplesse au bord libre des cordes vocales qui devient très rigide et concave. Elles sont à l’origine de la plupart des glottes ovalaires.
« Comme pour les kystes épidermoïdes, la physiopathologie de ces lésions peut être congénitale (Garcia Martins RH, 2007) ou acquise. L’excès vocal, à l’origine d’une destruction progressive de la couche superficielle de la lamina propria, est la cause la plus communément acceptée aujourd’hui (Bastian RW, 1998). » Finck
Comment se manifestent vocalement les vergetures?
On retrouve une dysphonie plus ou moins importance selon la béance glottique et l’efficacité de la vibration des cordes vocales. Le timbre est soufflé, serré, plus ou moins rauque. La voix est souvent un peu décalée dans l’aigu, le timbre couvert, étouffé.
« L’altération vocale est plus sévère que dans les sulci (Ford, 1999). » Finck
Examen complémentaire
« L’examen vidéo-stroboscopique montre un aspect concave et arqué du bord libre dont le mouvement vibratoire peut être nul. La fermeture glottique phonatoire est déficitaire, le coulage aérien est ovalaire. » Fink Il existe une fuite d’air en phonation.
Thérapeutique
Le choix thérapeutique doit être prudent et se construire au sein d’une équipe pluridisciplinaire. La stratégie dépendra des attentes du patient, de l’impact des lésions sur la voix.

Article Médecine des Arts-Musique

Burn-out chez le musicien, danseur, chanteur, circassien

Le burn-out dans le champ des pratiques artistiques est un concept nouveau. Le fait que les pratiques artistiques soient associées au plaisir, à la passion, fait qu’il paraissait incongru d’évoquer ce trouble psychologique chez les artistes.
Pourtant, ce syndrome était déjà évoqué dans des pratiques où l’investissement personnel est important, l’idéal élevé, où la relation à l’autre, l’interaction, l’empathie font partie intrinsèquement du travail. Aussi, les premières descriptions de ce trouble psychopathologique ont été décrites dans les métiers de la santé et du social.

Les métiers artistiques répondent à ces mêmes critères situationnels tels qu’un fort investissement marqué dès le plus jeune âge pour certaines pratiques comme la danse, la musique, un idéal élevé souvent sous-tendu par une motivation extrinsèque puissante liée à des choix parentaux et sociétaux, une relation à l’autre au cœur de la pratique ; effectivement le jugement de l’autre est une dimension singulière des pratiques artistiques, il y a peu de métiers qui ne dépendent autant du désir de l’autre, du public.

La passion, qui soutient en permanence l’artiste, peut devenir tel Janus dieu à double face, un sentiment, une émotion redoutable qui peut l’entrainer dans des désordres psychiques graves si rien ne vient l’endiguer, l’ajuster, la remettre dans une dynamique positive.

Symptômes du burn-out chez les artistes

Dernièrement, une communication sur le burn-out à l’Académie Nationale de Médecine estimait que le concept est « un concept flou, absent des nosologies psychiatriques ». Nous partageons cet avis.

La clinique du burn-out est sujette à des interprétations variées. C. Maslach au tout début des années 1980 a théorisé le burn-out et défini trois dimensions, un syndrome
• d’épuisement émotionnel
• de dépersonnalisation
• de réduction de l’accomplissement personnel.

Mais ces dimensions ne font pas l’unanimité sur le plan scientifique, « pour certains auteurs le burn-out pourrait se définir par la seule dimension d’épuisement professionnel » et de manière plus secondaire par la dépersonnalisation. La place de la réduction de l’accomplissement professionnel ou de l’efficacité professionnelle est de plus en plus remise en cause dans le syndrome du burn-out.

Pour J.-P Olié et al., « la dimension d’épuisement, de fatigue serait celle qui aurait la prédictivité péjorative la plus importante. La fatigue pourrait évoluer vers des troubles anxio-dépressifs avec d’abord une baisse de l’estime de soi, voire des troubles plus spécifiques décrits parfois dans les nosographies sous la rubrique « job related neurasthenia ».
Les sujets en burn-out adoptent souvent des conduites d’automédication avec des psychostimulants (amphétamines, cocaïne, caféine, modafinil) pour tenter de recouvrer un niveau élevé de performance professionnelle, l’alcool et les anxiolytiques pour réduire l’angoisse.

La présence de conduites addictives ou de manifestations somatiques (hypertension artérielle, douleurs chroniques, diabète sucré, etc.) est tantôt considérée comme élément constitutif du burn-out, tantôt comme complication.

Les conduites addictives sont utilisées parfois par l’artiste pour faire face aux situations de stress, au burn-out, tout en l’emportant également dans une dérive pathologique désocialisante et parfois léthale. Nombre d’artistes sont décédés des suites de leur addiction, expliquant pour une part la mortalité accrue des musiciens pop, rock, rap, par rapport à d’autres groupes d’artistes et groupes sociaux.

M.D.A

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