La voix, organe sous influence 8: Les traitements hormonaux

L’hypothyroïdie, se marque vocalement par un œdème du bord libre des cordes vocales. La voix est aggravée, la masse cordale augmentée. Un rééquilibrage hormonal peut se faire par injection ou prise d’hormones thyroïdiennes (substitution thérapeutique).
La thérapie d’une pilosité exagérée chez certaines jeunes femmes à partir de médicaments à action anti-androgénique provoque là encore un œdème marqué du bord libre des cordes vocales, un abaissement de la voix et une modification du timbre.

L’hyperpilosité pathologique, l’hirsutisme traités par des médicaments à action anti-gonadotrope et progestative diminuent l’effet des androgènes au niveau des organes cibles. La thérapie de certaines formes d’endométriose ou de cancers du sein par des androgènes peut conduire à une virilisation irréversible de la voix.

• Certains porteurs de cancers prostatiques ou testiculaires soignés par castration chimique éprouvent des modifications souvent irréversibles de la voix.
• La prise de stéroïdes anabolisants chez les sportifs à haut niveau sont aussi responsables de modifications du timbre de la voix. La prise fréquente et régulière de corticoïdes en cas d’asthme, de bronchite chronique conduit à une altération du bord libre des cordes vocales, quelquefois à une surinfection mycosique avec amoncellement de sécrétions glaireuses collantes sur les lèvres vocales.
• Le traitement du lupus par des anti- malariques (Plaquenil) là encore est responsable de modifications irréversibles de la voix (effet médicamenteux, effet articulatoire du lupus?)

Conclusions

Pour chanter, le chanteur, par apprentissage, doit automatiser sa production vocale grâce à:

• L’utilisation de son corps dans une morpho-anatomie prédéterminée
• L’utilisation de son cerveau
• Sa mémoire vibratoire
• Sa mémoire gestuelle
• L’influence de son mental
• Son «bain» hormonal
• Son milieu socio-culturel

Une certitude toutefois se dessine au fur et à mesure qu’avancent les recherches.

• Durant les phases menstruelles, la variation des taux hormonaux circulants est en relation directe avec la chimie cérébrale(axe hypothalamus-hypophysaire) et les neuro-transmetteurs.
• Les neuro-transmetteurs se voient donner un rôle essentiel de par leurs actions sur notre psychisme.
• Notre conduite mentale (behaviour) est influencée par notre système immunitaire et l’hormone adréno-corticotrope,
les béta-endorphines (opiacés corporels internes), la thymosin hormone-like (synthétisée dans le thymus) sont des immuno-transmetteurs qui, s’ils sont sécrétés en moins grande quantité, influencent la qualité de notre voix.
• Si nous sommes prédisposés au stress, à une fatigue anormale, à des problèmes hormonaux, à une trop grande prise de poids ou au contraire à une perte de poids: les neuro-transmetteurs (sérotonine, dopamine) voient leur production diminuer ou se modifier. Il s’ensuit des problèmes vocaux.

Article Das APCS bulletin

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La voix, organe sous influence 7: La voix chantée des personnes âgées

Le caractère sénescent dépend de plusieurs facteurs dont les plus importants sont liés à la posture qui s’altère, au tronc qui se voûte, aux organes de la cavité abdominale qui s’affaissent. La musculature laryngée, elle aussi, s’atrophie progressivement, en particulier les muscles tenseurs suivis par les muscles de soutien, aussi bien thoraciques qu’abdominaux. Les muqueuses laryngées se déshydratent progressivement, ce qui diminue la capacité vibratoire des cordes vocales.

Sur le plan acoustique on note:

• Un élargissement du vibrato qui devient
plus ample (jusqu’à deux à trois tons). Le passage progressif à un chevrotement: la glotte ne se ferme plus tout à fait et le flux d’air expiré continue à s’échapper au lieu d’être stoppé périodiquement.
• Une fréquence fondamentale qui s’abaisse chez la femme et remonte chez l’homme, ce qui rend le pianissimo difficile à produire, une perte progressive du registre de poitrine; l’apparition de couacs, c’est-à-dire d’arrêts vibratoires, de transformations des voyelles qui tendent toutes à devenir des «u». Une durée de phonation légèrement diminuée, des attaques vocales dures, accompagnées de coups de glotte brutaux, pour compenser le caractère soupirant, témoignage de la faiblesse vocale.
• Un timbre qui est caractérisé par un souffle dans les registres graves, par une diminution des harmoniques aigues, par une justesse du son de plus en plus difficile à produire, puis à maintenir.

Il convient de noter toutefois que le vieillissement biologique de l’homme crée des phénomènes de sénescence qui ne sont pas les mêmes chez tous les individus. Un homme âgé peut avoir un appareil phonoarticulatoire anatomiquement et fonctionnellement encore jeune, alors qu’un homme jeune peut déjà posséder un appareil phonoarticulatoire ayant toutes les caractéristiques de celui d’un homme âgé. La même observation se fait pour le sexe féminin où toutefois il faut souligner un abaissement physiologique de la tessiture dès la période préménopausique.

Article Das APCS bulletin

La voix, organe sous influence 6: La ménopause non substituée

On note une transformation des cordes vocales, une fonte  musculaire compensée par un œdème du bord libre des lèvres vocales et augmentation de flux sanguin. Il s’ensuit un effet sur les caractéristiques vibratoires se manifestant par des couacs et une certaine raucité vocale. Il y a un épaississement du bord libre des cordes vocales identique à celui observé dans des cas d’hypothyroïdie, d’où abaissement de la voix et altération de la qualité du timbre. Liées à l’hypotonicité musculaire, nombreux sont les chanteurs qui développent des hernies hiatales, ce qui conduit à un reflux gastro-oesophagien. A nouveau diminution de la fréquence fondamentale, raucité, diminution d’étendue vocale, fatigue vocale voire douleurs situées au niveau de la gorge.

La voix, organe sous influence 5: La préménopause

Celle-ci se manifeste quatre ans avant la ménopause et devient gênante la dernière année. L’œstrone et l’œstradiol diminuent mais se stabilisent. La réduction des œstrogènes entraîne en réaction une augmentation de la sécrétion hypophysaire. Les androgènes ne diminuent pas ou peu chez la femme ménopausée sécrétées tant par les ovaires que par les surrénales. Après la ménopause le taux d’œstrones est moins abaissé chez les femmes obèses que chez les femmes maigres d’où plus grande facilité à garder une aisance dans l’aigu.

La voix, organe sous influence 2: Les menstruations

makingbubbles-1024x798[1]Le syndrome prémenstruel

Précédant l’apparition des règles le taux des œstrogènes circulant dans le corps, diminue, provoquant un relâchement tissulaire et de l’œdème au niveau du bord des cordes vocales. Ce phénomène provoque une fatigue vocale, jette un voile, et une mauvaise qualité vibratoire essentiellement marquée pour les fréquences aigues.

Les muqueuses qui recouvrent les cordes vocales possèdent ce qu’on appelle des mécanorécepteurs hyper-sensibles aux variations hormonales circulant dans le sang. Ce qui peut provoquer une coordination des mouvements articulatoires (crico-aryténoïdien / crico-thyroïdien) médiocre, d’où difficulté à maîtriser tensions et élongations de la musculature cordale. La variation du taux d’hormones provoque une diminution des forces d’ accolement des lèvres vocales avec ses répercussions fréquentielles sur la hauteur. L’instabilité momentanée de la masse cordale est responsable de sa mauvaise fermeture. Selon des recherches menées auprès de nombreuses femme on note, en phase ovulatoire, une fatigue vocale, des micro-varices visibles au niveau des lèvres vocales, une diminution d’amplitude vibratoire d’un côté uniquement. Mais parfois aussi, un reflux acide et une fatigue vocale après une heure de travail vocal.  En phase prémenstruelle, certaines présentent, une nette diminution d’étendue à partir de l’aigu et une asymétrie des vibrations.

Un peu moins de la moitié des femmes souffrent d’altération vocales marquée visible ou audible, durant leur période prémenstruelle. Un peu plus de la moitié présente un problème ressenti

La menstruation

L’hypothalamus, l’hypophyse, les hormones ovariennes et l’endomètre utérin se conjuguent pour donner les menstruations.
L’hypothalamus sécrète une hormone qui agit sur l’hypophyse. Cette dernière sécrète des hormones dites gonadotropes qui agissent à leur tour sur les ovaires. Beaucoup de jeunes chanteuses interrogées admettent qu’ il y a libération et amélioration de la qualité vocale avec l’apparition des règles. Leur léger état dépressif  disparaît (hors dysménorrhée).

La prise de contraceptifs oraux

5% des femmes interrogées présentent un changement dans la qualité vocale essentiellement au niveau des caractéristiques vibratoires. Un plus grand nombre admettent une altération de l’humeur, des tendances dépressives car le contrôle de l’humeur est en relation avec les fonctions du cerveau (sérotonine, norépinéphrine, dopamine synthétisés à partir de précurseurs tels que tryptophane et tyrosine). La pilule contraceptive diminue le transport de la tyrosine plasmatique vers le cerveau d’où l’altération décrite de l’humeur.

La voix, organe sous influence 1: La mue

thPJE5JEWILa mue

Voici un article qui répondra aux questions des parents qui me demandent pourquoi je refuse de donner des cours de chant à leurs enfants. Il est préférable d’attendre que celui-ci passe sa puberté avant de l’inscrire. Vous allez mieux comprendre pourquoi.

La voix  change à la puberté  vers treize, quatorze ans. Organe plus précoce chez la petite fille, la voix baisse d’une tierce à une quinte tandis que celle du garçon descend d’un octave.  Durant environ six mois, cette mue, progresse sous l’influence des hormones mâles ou femelles au travers des cellules cibles sensibles. L’appareil phonatoire comme tout le reste du corps subit une  » maturation »: On note des problèmes musculaires, une adaptation de l’équipage laryngé aux résonateurs. Un problème psychologique par rapport à l’acceptation de cette nouvelle voix (voix qui « déraille », passe du grave à l’aigu).

Toutes ces instabilités momentanées ne sont pas pathologiques mais liées au décalage entre le pharynx et le larynx; à toutes ces nouvelles coordinations musculaires et aux congestions liées à un afflux sanguin inhérent au taux d’hormone circulant dans le sang durant la mue.

Voilà pourquoi il est préférable d’attendre que l’appareil phonatoire soit mature avant d’entamer tous cours de chant.