Quels sont les mécanismes par lesquels les gestes respiratoires défectueux peuvent influencer la production vocale ?

Modification de la pression sous-glottique

th[5]Il est admis que les cordes vocales ne peuvent pas vibrer en l’absence de la poussée expiratoire pulmonaire. Le rôle exact de la pression sous-glottique sur la vibration des cordes vocales n’est pas encore entièrement élucidé, mais de nombreuses expériences permettent de penser qu’un équilibre entre tension des cordes vocales et pression sous-glottique est la condition essentielle d’un bon fonctionnement laryngé.

J.-Cl. Lafon a constaté que, lorsqu’on fait une électromyographie des muscles vocaux, les courants d’action diminuent au moment où se fait l’émission vocale alors qu’ils persistent si l’air est dévié vers l’extérieur par l’ouverture de la canule de trachéotomie. Cette expérience peut permettre de penser que l’air a un rôle d’entretien de la vibration et permet en quelque sorte aux muscles vocaux de « se reposer ».
Hennebert a constaté que chez une malade ayant une paralysie des 2 cordes vocales la fréquence du son dépend uniquement de la pression sous-glottique créée par les muscles expiratoires et que, sur une note tenue par exemple, cette fréquence va en décroissant depuis le début de l’émission sonore jusqu’à la fin, au fur et à mesure que la pression baisse. Il en conclut que chez le sujet normal doit jouer un mécanisme où pression sous-glottique et tension des cordes vocales s’équilibrent. Berendes a réalisé de très intéressantes expériences sur le larynx de cadavre. Les aryténoïdes étaient fixés par une aiguille et la trachée réunie à un tuyau en caoutchouc. Il a obtenu une élévation de fréquence par simple augmentation de pression sous-glottique sans changer la tension des cordes vocales. Il en conclut que la fréquence et la forme des vibrations sont produites par le jeu :
D’une part, de la masse et de la tension des cordes vocales ;
D’autre part, des forces aérodynamiques (pression, effet rétro-aspiratoire), que le courant d’air engendre au niveau du larynx. Les dernières expériences de Van den Berg sur le larynx de cadavre ont montré que l’on peut modifier la fréquence par un changement :
soit de la tension des cordes,
soit de leur pression latérale,
soit de la pression sous-glottique
Il est logique d’admettre que, chez le vivant, l’action de ces 3 facteurs joue simultanément, mais d’une façon qui n’est pas encore entièrement précisée. Quoi qu’il en soit, il est bien certain qu’un son de même hauteur peut être émis avec plusieurs combinaisons de ces mécanismes, donc avec des pressions sous-glottiques différentes, mais il est également hors de doute que, dans ces divers cas, ni la sonorité, ni le travail laryngé ne sont identiques.
Des travaux ultérieurs devront préciser les conséquences d’une pression sous-glottique trop forte ou trop faible, due à un effort expiratoire exagéré ou insuffisant, sur la qualité acoustique du son et sur le travail laryngé. Nous voudrions simplement signaler un fait connu depuis longtemps ; une irrégularité de soutien expiratoire, entraînant une pression sous-glottique instable, produit un vibrato d’intensité exagérée, appelé chevrotement.

Ce phénomène que nous avons déjà écrit à propos de la voix parlée se produit d’une façon encore plus fréquente dans le chant et entrave considérablement la production sonore.
Il s’observe surtout chez les sujets qui mettent exagérément en jeu leur musculature supérieure. Les relations de voisinage expliquent aisément les contractions musculaires intempestives du pharynx, du larynx et de ses muscles fixateurs, qui accompagnent le type costal supérieur. L’exemple le plus caractéristique est représenté par le « fort ténor » classique qui gonfle le thorax à l’inspiration et dont l’effort expiratoire s’accompagne de saillie des muscles du cou, de turgescence des jugulaires, d’élévation des épaules, et d’une crispation forte des mâchoires.
On peut le voir aussi, mais plus rarement, chez des sujets dont le type respiratoire est normal mais qui ont essayé de chanter fort dès le début des études vocales. Il faut, en effet, de longues études et un patient entraînement pour arriver à dissocier muscles respiratoires et muscles du cou. Certains sujets doués le font d’instinct ; la plupart, au début de leurs études, « serrent » ou « poussent » dès qu’ils essaient d’augmenter l’intensité vocale.
Cette maîtrise des groupes musculaires, qui est l’un des buts essentiels du chant, ne s’acquiert qu’à la longue ; la sagesse consiste pour le débutant à éviter les efforts expiratoires exagérés difficiles à contrôler.


Texte extrait de : Guy Cornut. Thèse, mécanique de l’appareil respiratoire au cours de la voix parlée et chantée. 1958.

Fonctionnement du diaphragme

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2158572131055533&id=1672375023008582

Les choristes harmonisent leur respiration et rythme cardiaque

Choristes et rythme cardiaque

Systèmes cardiaque et respiratoire sont intimement liés. Ils ont une influence réciproque, avec des effets dont un a été décrit sous l’appellation d’« arythmie sinusale respiratoire ».

Arythmie sinusale respiratoire et cohérence cardiaque

L’ASR (arythmie sinusale respiratoire) est la variation de la fréquence cardiaque influencée par la respiration normale. L’inspiration entraîne une levée temporaire de l’influence parasympathique sur la fréquence cardiaque, provoquant une accélération du rythme cardiaque. À l’opposé, l’expiration stimule l’influence parasympathique sur la fréquence cardiaque, provoquant une diminution de celle-ci.
Si le rythme cardiaque est globalement régulier, il existe une variabilité quasiment imperceptible en situation de base, le rythme s’accélère à l’inspiration et décélère à l’expiration. L’écart entre les battements varie faiblement mais de manière cohérente en situation normale, d’où l’appellation de « cohérence cardiaque » créée pour désigner les techniques qui visent à installer cette cohérence cardiaque de manière volontaire.
Cette variabilité cardiaque peut être plus « chaotique » dans certaines situations, c’est le cas lors d’émotions subites, comme la colère, ou la peur, mais aussi en situation de stress, de trac, d’anxiété de performance où le système sympathique est hypersollicité.
Le système neuro-végétatif comprenant le système ortho et para sympathique joue un rôle essentiel sur le plan émotionnel. En fonction de la situation environnementale ou/et du « paysage intérieur du sujet, ce système est activé afin d’apporter une réponse adaptative pour préserver « l’équilibre intérieur » sur le plan physiologique. Le système sympathique est en général stimulé dans les situations de stress, d’anxiété de performance. L’exposition scénique pour un musicien, danseur, chanteur sollicite ce système et induit un cortège de symptômes tels que l’accélération du rythme cardiaque, respiratoire, et un emballement cognitif et émotionnel. Ces perturbations du système neuro-végétatif sont responsables d’une variabilité cardiaque chaotique.

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Une meilleure gestion de l’équilibre neuro-végétatif est à même de permettre à l’artiste de faire face de manière optimale au stress scénique. C’est l’objet de nombreuses techniques relaxantes, des thérapies cognitives. Dans une situation de bien-être, de quiétude, la fréquence cardiaque redevient cohérente.
Si la respiration maîtrisée, « calme », joue un rôle d’induction de la cohérence cardiaque, apprendre à contrôler son rythme respiratoire pourrait donc permettre de retrouver cette cohérence lorsque celle-ci est perturbée, et par ce moyen simple d’induire un contrôle sur les conséquences émotionnelles déclenchées par l’excitation du système sympathique, telle que le trac, la peur etc.

Respirer

Une respiration lente, régulière et guidée, se situant aux alentours de 6 cycles respiratoires par minute chez la majorité des adultes, va produire l’effet Vaschillo consistant à mettre en résonance les variations dues à la respiration (hautes fréquences) avec les variations dues à l’activité baroréflexe (basses fréquences). [1].
Plus récemment des chercheurs ont tenté de mettre au point des matériels qui permettent par des techniques de biofeedback de visualiser ce principe de variabilité cardiaque et d’apprendre ainsi à mieux contrôler leur respiration et ses effets sur la cohérence cardiaque en les visualisant sur un écran. De nombreux outils ont été mis sur le marché, ayant pour principe selon le terme commercial aujourd’hui consacré « principe de cohérence cardiaque ».
Ces systèmes de biofeedback reproduisent tout simplement ce qu’un entraînement régulier du contrôle respiratoire obtient sans avoir recours à un appareillage. L’essentiel pour y parvenir est un travail quasi quotidien pour obtenir un résultat reproductible facilement et dans des conditions diverses.
L’objectif est de retrouver une flexibilité du système nerveux autonome et d’obtenir une réduction rapide des états émotionnels indésirables comme le stress, le trac, l’anxiété.
Dernièrement le Daily Telegraph titrait un de ses articles : « Chanter dans une chorale est aussi bon pour vous que faire du yoga » [2]. En effet, rien de tel que de chanter dans une chorale pour obtenir une « cohérence cardiaque naturellement ».
Le chant choral a fait l’objet de nombreuses études montrant qu’il favorise le bien-être et a des effets relaxants. Une équipe scientifique [3] a étudié plus attentivement les techniques respiratoires de ces chanteurs. Il faisait l’hypothèse que cet effet pourrait être en relation avec le fait que le chant choral exige un rythme respiratoire plus lent que la respiration normale, ce qui aurait pour conséquence de modifier le rythme cardiaque en le rendant plus « cohérent ».

La première expérience reposait sur 3 exercices qui étaient demandés à un groupe de choristes :
1. Fredonner un son et respirer uniquement lorsque le besoin était ressenti (c’est considéré comme une pratique où le chant et la respiration ne sont pas coordonnées)
2. Chanter un air librement, sans guider la respiration (c’est considéré comme une pratique où le chant et la respiration sont coordonnées)
3. Chanter un mantra lentement (phonème répétitif) et respirer uniquement entre les phrases.
La deuxième expérience visait à examiner comment la structure des airs chantés, de la respiration et du rythme cardiaque sont connectés. La fréquence cardiaque était enregistrée en continue lors de l’expérience. L’appareillage permettait d’enregistrer la fréquence de l’ensemble des participants choristes en même temps.

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Les chanteurs dans les chœurs harmonisent leur voix et leur rythme cardiaque

Les choristes étudiés, issus de 15 chorales différentes ont un rythme cardiaque qui s’accélère ou ralentit à la même vitesse. Les choristes lors du chant inspirent, retiennent leur souffle et expirent au même moment. Les choristes coordonnent leur respiration sur le même tempo.
Rien d’étonnant à cela si on veut chanter en chœur, mais la surprise vient du fait que « la pulsation cardiaque s’harmonisait également ». « La pulsation s’accélère quand vous expirez et ralentit quand vous inspirez », explique le Dr Bjorn Vickhoff avant d’ajouter que « lorsque vous chantez des phrases musicales, vous respirez différemment. Vous expirez sur les phrases et inspirez entre les phrases, quand vous expirez, le cœur ralentit ».
« Quand vous soufflez, vous activez le nerf vague (le nerf parasympathique) qui du tronc cérébral innerve de nombreux organes dont le cœur. Quand celui-ci est activé, le cœur ralentit », explique le Docteur Vickhoff, qui a dirigé cette étude. Une bonne relation entre VRC (Variabilité du Rythme Cardiaque) et la respiration a mentalement et physiquement des effets relaxants. Cela aurait un effet biologique apaisant et bénéfique pour le système cardio-vasculaire avec un effet antistress équivalent aux techniques relaxantes comme le yoga, la méditation, la relaxation.
L’effet est plus significatif lorsque le morceau est structuré en parties différentes, les rythmes s’harmonisent d’autant. L’effet est plus net encore lorsque le morceau choisi repose sur un rythme lent. Un des objectifs d’un chœur, c’est d’être une unité qui chante ensemble. Désormais on sait que cette volonté de résonner à l’unisson a un écho biologique, celui de faire battre le cœur du choriste également à l’unisson de ses partenaires.
« Nous savions déjà que le chant choral synchronise les mouvements musculaires des chanteurs et des activités neuronales dans de grandes parties du corps. Maintenant, nous savons aussi que cela s’applique au cœur, dans une large mesure, commente le docteur Vickhoff. A travers le chant, nous pouvons exercer un certain contrôle sur les états mentaux. »

Pour dire les choses plus simplement, lorsque plusieurs personnes chantent à l’unisson, leurs battements cardiaques se synchronisent. Le chant choral permettrait une synchronisation de la fréquence cardiaque avec la respiration (nommé arythmie sinusale respiratoire) et d’obtenir une cohérence cardiaque finalement collective qui expliquerait les effets de bien-être de cette pratique artistique.
Le Daily Telegraph rapportait dans son article sur le sujet : « Le chant pourrait donner un coup de pouce à la santé en obligeant les participants à adopter une respiration calme et régulière, qui à son tour régule le rythme cardiaque ».

Article Médecine des Arts Musique

Œdème de Reinke des cordes vocales

Oedème de Reinke, qu’est-ce que c’est ?
Pseudo-myxome, laryngite pseudo-myxomateuse, œdème chronique des plis vocaux, dégénérescence polypoïde.
Qu’est-ce qu’un œdème de Reinke ?
L’espace de Reinke est situé dans la corde vocale ; il s’agit d’un espace fait d’un tissu lâche et visqueux, c’est une zone de glissement qui permet à la corde de vibrer correctement.
Il s’agit d’un épaississement muqueux, translucide qui s’étend de la commissure antérieure à l’apophyse vocale. Il est limité et contenu dans l’espace de Reinke. L’épithélium est aminci car distendu par la masse. Si l’œdème est trop volumineux, il déborde le bord libre, pouvant aller jusqu’à obstruer l’orifice glottique.
Quelle est l’origine d’un œdème de Reinke ?
C’est un trouble d’installation chronique et insidieuse.
Il s’agit d’une forme particulière de laryngite chronique en lien avec une consommation excessive du tabac ou d’alcool associée à une laryngopathie fonctionnelle et au malmenage vocal. « Cette laryngite chronique associe selon Cornut [edit Symétrie] une atrophie plus ou moins marquée de la muqueuse des cordes vocales avec un état d’inflammation de surface et œdème du chorium avec accumulation dans l’espace de Reinke d’une substance gélatineuse dite « myxoïde » distendant la muqueuse à la face supérieure ou au niveau du bord libre. »
Il existe plusieurs stades évolutifs de l’œdème de Reinke. La lésion débute par une laryngite exsudative prolongée. Puis l’œdème évolue pour donner le stade I, puis le stade II pour aboutir au type III, véritable ballonnement des cordes vocales. Il s’y associe souvent une cordite vasculaire. Cette évolution est bénigne et n’évolue que rarement en cancer dans 2 ou 3 % des cas.
Le reflux gastro-oesophagien et les allergies, l’hypothyroïdie, des changements hormonaux représentent des facteurs de risque.
Les causes de l’œdème de Reinke
L’étiologie majeure de cette lésion est essentiellement le tabac et l’alcool qui lui sont souvent associés. Les autres facteurs sont le malmenage vocal. Un mauvais état rhinosinusien d’origine infectieuse ou allergique est souvent retrouvé.

Comment se manifeste vocalement l’œdème de Reinke ?
Il se manifeste par une modification de la voix, une dysphonie typique avec chute dans les graves, des aigus difficiles et de nombreux sauts de registre. La voix est aggravée le matin : elle doit se mettre en marche, chauffer.
L’œdème de Reinke apparaît généralement vers 45-50 ans, ou devient gênant à cet âge-là.
La voix est abaissée, les sons étouffés et rauques. On observe un changement de registre. On entend aussi un hemmage et des bruits inspiratoires. Cela donne le timbre typique du fumeur avec une fatigabilité vocale.
Les signes sont peu marqués par ailleurs.
C’est une laryngite chronique caractérisée par une accumulation de mucus au niveau des cordes vocales du larynx.
Altérations acoustiques
La voix est tout à fait caractéristique. Le timbre est « gras », vibrant, abaissé » (Brin et al., 2004), éraillé. L’abaissement de la hauteur tonale est particulièrement significatif chez la femme.
Quels sont les examens complémentaires ?
Examen au miroir : on voit un œdème des deux cordes vocales qui les rend asymétriques. Il atteint la face supérieure des cordes, au niveau des 2/3 antérieurs.
Stroboscopie : les cordes vocales sont alourdies par l’œdème de l’espace de Reinke,
En phonation : les ondulations du bord libre des plis vocaux dues aux masses oedémateuses sont bien mises en évidence. On observe des « phénomènes ondulatoires amples, asymétriques et des décalages de phases d’un côté par rapport à l’autre » (Le Huche et al., 2001, p. 96).
Signes laryngés : irrégularités vibratoires dues à la mobilisation anarchique des franges oedémateuses.
La fermeture glottique est souvent incomplète.
A l’examen vidéo-stroboscopique, la glotte est difficilement reconnaissable car la muqueuse est boursouflée avec un aspect en vessie natatoire. Les cordes vocales alourdies vibrent moins bien en phonation.

Le traitement pose un problème de fond pour le patient acteur ou chanteur et pour le thérapeute. Le traitement va modifier la voix en la corrigeant certes par rapport aux notions habituelles de normalité, mais cette modification peut avoir des conséquences sur la couleur vocale, sur le timbre, la hauteur vocale et donc sur l’activité de l’artiste.
Le thérapeute se trouve dans la situation, d’une part, de protéger la personne vis-à-vis des risques d’une évolution défavorable de l’œdème de Reinke, et d’autre part, de l’intoxication tabagique et ses effets particulièrement délétères sur la santé.
Dans ces situations, l’information doit être précise afin que la décision de l’artiste soit éclairée.
Le traitement médical repose sur l’arrêt des toxiques, tabac et alcool, et du mésusage vocal éventuellement, forçage vocal par exemple.
Le traitement chirurgical peut s’imposer par exemple si le pseudo-myxome est important et entraîne une gêne significative et plus encore s’il obstrue l’orifice glottique.
Pour Benzaquen, « au niveau de la voix, cela donne le timbre typique du fumeur, rauque, grave, parfois sensuel, parfois tellement chargé de mucosités.
En soi on peut vivre avec, certains même le recherchent afin de garder un timbre grave et rocailleux. On a même vu des gens fumer après avoir été fraichement opérés ! Ils trouvaient leur timbre de voix insupportable et ne leur ressemblant plus. La muqueuse a alors vite fait de reproduire sa pathologie.»
Pour J. Abitbol : « En effet, si l’opération est réussie, la voix sera féminisée. Le caractère viril accentué sera diminué pour l’homme. Cela peut être un handicap dans des carrières de comédiens où la voix est typée ou encore où la voix est un élément servant à convaincre, comme au barreau par exemple. On cite ainsi l’exemple caricatural de l’avocate à laquelle l’intervention avait rendu une voix excellente, mais tout à fait féminine qui n’impressionnait plus guère dans les tribunaux. L’avocate s’était aussitôt remise à fumer plusieurs paquets de cigarettes par jour pour retrouver son timbre ancien, plus grave et par le fait même plus impressionnant.
Outre la dysphonie, les autres indications opératoires sont les oedèmes de Reinke de type III induisant une gêne respiratoire, voire une asphyxie.
Le traitement médical isolé ne s’adresse qu’aux formes mineures, en fait essentiellement à la laryngite exsudative prolongée avant l’apparition de la fibrose. L’arrêt du tabac est absolument nécessaire.»
L’orthophonie est souhaitable en cas de malmenage vocal. On traitera les affections des VADS, qu’elles soient allergiques ou infectieuses (antibiothérapie, corticothérapie, vaccinothérapie, crenothérapie).
Après une intervention, la rééducation orthophonique s’impose après une période de repos vocal. Une voix satisfaisante réapparaît en général après trois semaines à un mois.

Rédacteur Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts

Pneumothorax spontané chez une artiste, un trouble très angoissant

Un pneumothorax spontané est toujours un problème angoissant. L’artiste ne l’identifie pas toujours et le diagnostic est souvent retardé, la douleur est importante, la respiration est perturbée. Tous ces symptômes rajoutent à l’angoisse. Françoise Hardy témoigne de cet accident qui lui est arrivée.

Le pneumothorax au-delà de sa gravité éventuelle, est un trouble très angoissant et anxiogène ?

L’incidence du pneumothorax spontané est de 8 à 18 cas pour 100000 par an chez les hommes et de 2 à 6 cas par an pour les femmes.Il s’agit d’un trouble particulièrement angoissant. Le Pneumothorax touche un organe vital. Cette affection en général « idiopathique » est particulièrement angoissante.
Le rôle du poumon consiste à oxygéner le sang et à en éliminer le gaz carbonique. Le pneumothorax est très anxiogène :
au moment même ou se déclenche le trouble du fait de la gêne respiratoire plus ou moins importante et des phénomènes généraux que cela entraîne d’un corps moins oxygéné (cerveau, coeur etc.) avec son cortèges symptomatiques particulièrement angoissant :
Une douleur brutale et violente sur le côté du thorax.
Une gêne respiratoire (essoufflement très rapide).
Augmentation du rythme cardiaque.
Toux sans expectoration.
A distance du pneumothorax du fait que le risque de récidive est difficile à fixer mais bien réel et majore ce phénomène anxiogène. Des techniques relaxantes, méditatives, associées à l’activité physique sont de nature à mieux contrôler cette anxiété réactionnelle.

Témoignages de François Hardy

La chanteuse Françoise Hardy explique à un journaliste combien le pneumothorax avait été très angoissant pour elle.
A la question posée par un journaliste Françoise Hardy « Quel rapport entretenez-vous avec la mort ?
Vous y avez été confrontée, vous avez vu partir de nombreux artistes comme Dewaere, Berger, Gainsbourg…

Françoise Hardy répond:

« La mort de ceux que j’aime et dont je ne saurais me passer, je n’ose même pas y penser. Cela me fait peur. La mienne aussi, je suis plus près de la fin que du commencement ? J’ai eu un décollement de la plèvre, j’avais des sensations épouvantables au cœur, je ne savais pas ce que c’était, et quand je suis arrivée aux urgences, j’ai vraiment cru que j’allais mourir. A ce moment-là, plus que la peur, c’était la tristesse qui dominait. Celle de ne plus voir Thomas, doublée de celle de lui faire du chagrin » (TGV magazine, mai 2010).
« Le soir du dernier vendredi d’octobre 2005, en revenant d’une séance d’acupuncture, j’eus par intermittence, des sensations inquiétantes dans la région du cœur. Je cherchais dans le dictionnaire de médecine les symptômes des divers problèmes cardiaques possibles, mais ne trouvai rien qui ressemble aux miens et réussis à m’endormir après avoir pris la précaution de laisser sur ma table de chevet le numéro de téléphone de l’hôpital. Le lendemain matin, les sensations étaient encore là. En prenant mon petit déjeuner, je sentis que ça n’allait décidément pas et appelai Jacques en Corse, qui me transmit le numéro de son cardiologue, le fameux Dr U., de service à l’hôpital ce matin-là. Il me donna rendez-vous vers dix heures. Le marché le plus proche de chez moi se tenant le Samedi, mon frigidaire étant vide. Aurais-je la force de faire les courses nécessaires pour le rempli ? Je pris le risque, mais une fois devant les fruits et légumes, j’eus une douleur plus atroce que les précédentes, mon panier m’échappa des mains et je fis un malaise vagal carabiné. Un inconnu charitable m’emmena gémissante aux urgences.
Je souffrais tellement que je pensais ma dernière heure arrivée. En même temps, je me disais qu’il valais beaucoup mieux mourir vite qu’agoniser pendant des mois, mais de même que la force de la douleur balaye tout, dans les moments où elle me laissait un court répit, le chagrin de quitter mon fils et de lui en faire balayait la peur de mourir. « Que ressentez-vous ? » s’enquit curieusement l’aide-soignante qui me collait des patchs sur tout le corps. « Je suis triste, lui répondis-je sur le point d’éclater en sanglots. A cause de mon fils », bredouillai-je. J’entendis le Dr U. dire dans son portable que c’était très grave et crus qu’il parlait à Jacques de mon état.
Alerté par son père, Thomas arriva avec sa compagne et me prit dans ses bras en me caressant la tête sans rien dire. Il y mettait tant de tendresse et j’étais si bouleversée que je fondis en larmes. Son départ pour l’île Maurice avec ses amis musiciens était prévu le lendemain et il proposa de tout annuler, mais je refusai catégoriquement quand je sus que je souffrais d’un déchirement de la plèvre qui ne mettait pas mes jours en dangers. Ce problème affecte en général les adolescents grands et maigres, m’apprirent les médecins. « C’était exactement mon profil », leur dis-je en riant. »

(Françoise Hardy, Robert Lafon, 2008)

Rédacteur Docteur François Arcier, président fondateur de Médecine des arts®. Le 7 août 2010

 

Diplôme Européen Médecine des Arts Musique 2018

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Heureuse!

Formateurs: Mme Isabelle Campion et Mr. Philippe Chamagne (Kinésithérapeute spécialisé dans la rééducation du musicien); Mme Elisabeth Fresnel (Anatomie et physiologie de l’appareil vocal); Mr. Raphaël Sikorski (La voix chantée); Mme Evelyne Shapira (Pédagogie du souffle phonatoire); Mme Maryvonne Fournier (Physiologie de la langue), Technique Alexander et Feldenkrais …

Musiciens et chanteurs, attention aux piscines chlorées

Une exposition régulière au chlore de piscine durant l’enfance majorerait le risque de crise d’asthme.
L’Exposition au chlore des piscines pourrait augmentée le risque d’asthme et imposer des précautions supplémentaires pour les musiciens instrumentistes à vent et les chanteurs.

Rhinites et asthmes majorés

Ces dernières années on a pu constater une augmentation des rhinites et des crises d’asthme. La proportion de jeunes souffrant d’asthme a été multipliée par 3 depuis les années 70. La fréquentation des piscines augmenterait ce risque. Cette hausse touche particulièrement les pays qui se sont dotés de nombreuses piscines (Allemagne, Angleterre, Belgique, France).
On sait par ailleurs que les nageurs professionnels sont victimes d’asthme de manière bien plus fréquente que la population générale du même âge. Selon certaines études, 25 % des nageurs professionnels souffrent d’asthme.

Des résultats de recherche convergents

Devant ce constat, une équipe de recherche à lancé des travaux pour évaluer ce problème.
L’étude menée sur un échantillon de près de 1000 enfants a révélé que plus ces enfants étaient exposés en durée et en fréquence au chlore en relation avec le traitement de piscine (intérieure ou extérieure), plus ils avaient des troubles respiratoires. Paradoxalement, le risque est supérieur pour les expositions à des piscines extérieures du fait qu’en général les enfants s’y exposent plus en durée.
Une autre étude a été menée sur des personnes adultes asthmatiques (âgées de 20 à 42 ans) qui utilisaient des jacuzzis. L’étude s’est déroulée durant une journée où ils se rendaient durant douze minutes dans un jacuzzi, et deux à trois minutes dans un bain chaud. 75 % des sujets explorés avaient une VEMS diminuée de 20 %, la VEMS étant le volume expiratoire maximal par seconde, qui est un bon indicateur de la capacité ventilatoire du sujet.

Un mécanisme pathologique reconnu

L’ion chlore irrite l’épithélium pulmonaire et est susceptible d’augmenter le risque de crise d’asthme. Le chlore réagit aux matières organiques, ses produits chimiques de dégradation sont toxiques. De plus, on retrouve dans l’air des piscines des chloramines qui sont la conséquence de la réaction entre l’hypochlorite et l’ammoniaque, ou des composés ammoniaqués provenant des substances particulièrement volatiles et irritantes pour l’arbre aérien.

Des précautions particulières, notamment pour les musiciens, instrumentistes à vent et chanteurs

Cette constatation devrait amener à revoir les normes des piscines en teneur en chlore. Il y a en France (2007) plus de 800 000 piscines privées qui sont par ailleurs généralement surchlorées.
De nouveaux systèmes de traitement des eaux ont été mis au point et sont tout aussi efficaces. De nombreuses piscines publiques à l’étranger sont dotées de tels systèmes sans chlore. Il ne s’agit pas d’interdire les piscines aux enfants, les bénéfices globaux sont à prendre en considération ; pour autant, il faut éviter la surexposition des enfants qui ont un terrain favorable à ce genre de troubles. Il existe désormais des piscines éco-compatibles, sans produits, avec une filtration tout à fait naturelle, ce qui semble être la meilleure solution, ou bien des systèmes qui ne fonctionnent pas au chlore. Les chanteurs, les instrumentistes à vent, surtout s’ils souffrent de troubles pulmonaires, veilleront à ne pas se surexposer.

Rédacteur. Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®

Accouchement les femmes cessent de pousser: Résultats incroyables.

«Le chant prénatal pour expirer et accompagner bébé au lieu de pousser»

“Si vous avez déjà vu une femme accoucher dans un film ou à la télé, vous avez alors entendu le personnel hospitalier criant « POUSSEZ! ». Si vous avez vous même eu un bébé, vous l’avez sûrement entendu aussi.

L’équipe de l’hôpital Medway Maritime à Kent, a initié un projet: Arrêter de demander aux Femmes de pousser durant l’accouchement. En constatant le nombre accru de déchirure sévères , environ 14,000 en 2014, Le conseil Royal des Obstétriciens et des Gynécologues et le Conseil Royal des Sages-Femmes ont lancé l’alerte afin de mener des actions.
Un an après le début du programme « ARRÊTEZ DE POUSSER », l’étude montre que les femmes ayant subi des déchirures conséquentes sont passées de 7% à 1%. Des résultats étonnants, simplement en arrêtant de demander aux femmes de pousser durant l’accouchement.
Le programme encourage aussi les femmes à ne pas rester en position allongée, mais d’essayer des positions alternatives dans lesquelles elles se sentiraient plus confortable.
Le programme demande aussi aux sages femmes de ne pas tirer les bébés lorsque les épaules sortent, mais de simplement soutenir le bébé à sa sortie, ce qui réduit les pressions sur la zone périnéale. Garder une main légèrement en pression sur le périnée durant la sortie de la tête du bébé donne aussi des contre-pressions et soutient le périnée.
Le programme de Medway a été une telle réussite que les résultats ont été publié dans le Journal Européen de l’Obstétrique de la Gynécologie et de la Reproduction Biologique. Le programme aimerait pouvoir s’étendre à tout le pays.
Les sages femmes et professionnels de l’accouchement ne seront peut-être pas surpris de ces résultats, mais c’est une grande nouvelle pour les femmes à travers le monde que ces méthodes soient enfin reconnues officiellement comme étant le meilleur et plus sûr moyen d’accouchement.”

Article de Kama Lee Jackson dans Mothering.

Traduit par Tata Doula

Modification de la pression sous-glottique

Il est admis que les cordes vocales ne peuvent pas vibrer en l’absence de la poussée expiratoire pulmonaire. Le rôle exact de la pression sous-glottique sur la vibration des cordes vocales n’est pas encore entièrement élucidé, mais de nombreuses expériences permettent de penser qu’un équilibre entre tension des cordes vocales et pression sous-glottique est la condition essentielle d’un bon fonctionnement laryngé.

J.-Cl. Lafon a constaté que, lorsqu’on fait une électromyographie des muscles vocaux, les courants d’action diminuent au moment où se fait l’émission vocale alors qu’ils persistent si l’air est dévié vers l’extérieur par l’ouverture de la canule de trachéotomie. Cette expérience peut permettre de penser que l’air a un rôle d’entretien de la vibration et permet en quelque sorte aux muscles vocaux de « se reposer ».
Hennebert a constaté que chez une malade ayant une paralysie des 2 cordes vocales la fréquence du son dépend uniquement de la pression sous-glottique créée par les muscles expiratoires et que, sur une note tenue par exemple, cette fréquence va en décroissant depuis le début de l’émission sonore jusqu’à la fin, au fur et à mesure que la pression baisse. Il en conclut que chez le sujet normal doit jouer un mécanisme où pression sous-glottique et tension des cordes vocales s’équilibrent. Berendes a réalisé de très intéressantes expériences sur le larynx de cadavre. Les aryténoïdes étaient fixés par une aiguille et la trachée réunie à un tuyau en caoutchouc. Il a obtenu une élévation de fréquence par simple augmentation de pression sous-glottique sans changer la tension des cordes vocales. Il en conclut que la fréquence et la forme des vibrations sont produites par le jeu :
D’une part, de la masse et de la tension des cordes vocales ;
D’autre part, des forces aérodynamiques (pression, effet rétro-aspiratoire), que le courant d’air engendre au niveau du larynx. Les dernières expériences de Van den Berg sur le larynx de cadavre ont montré que l’on peut modifier la fréquence par un changement :
soit de la tension des cordes,
soit de leur pression latérale,
soit de la pression sous-glottique
Il est logique d’admettre que, chez le vivant, l’action de ces 3 facteurs joue simultanément, mais d’une façon qui n’est pas encore entièrement précisée. Quoi qu’il en soit, il est bien certain qu’un son de même hauteur peut être émis avec plusieurs combinaisons de ces mécanismes, donc avec des pressions sous-glottiques différentes, mais il est également hors de doute que, dans ces divers cas, ni la sonorité, ni le travail laryngé ne sont identiques.
Des travaux ultérieurs devront préciser les conséquences d’une pression sous-glottique trop forte ou trop faible, due à un effort expiratoire exagéré ou insuffisant, sur la qualité acoustique du son et sur le travail laryngé. Nous voudrions simplement signaler un fait connu depuis longtemps ; une irrégularité de soutien expiratoire, entraînant une pression sous-glottique instable, produit un vibrato d’intensité exagérée, appelé chevrotement.

Ce phénomène que nous avons déjà écrit à propos de la voix parlée se produit d’une façon encore plus fréquente dans le chant et entrave considérablement la production sonore.
Il s’observe surtout chez les sujets qui mettent exagérément en jeu leur musculature supérieure. Les relations de voisinage expliquent aisément les contractions musculaires intempestives du pharynx, du larynx et de ses muscles fixateurs, qui accompagnent le type costal supérieur. L’exemple le plus caractéristique est représenté par le « fort ténor » classique qui gonfle le thorax à l’inspiration et dont l’effort expiratoire s’accompagne de saillie des muscles du cou, de turgescence des jugulaires, d’élévation des épaules, et d’une crispation forte des mâchoires.
On peut le voir aussi, mais plus rarement, chez des sujets dont le type respiratoire est normal mais qui ont essayé de chanter fort dès le début des études vocales. Il faut, en effet, de longues études et un patient entraînement pour arriver à dissocier muscles respiratoires et muscles du cou. Certains sujets doués le font d’instinct ; la plupart, au début de leurs études, « serrent » ou « poussent » dès qu’ils essaient d’augmenter l’intensité vocale.
Cette maîtrise des groupes musculaires, qui est l’un des buts essentiels du chant, ne s’acquiert qu’à la longue ; la sagesse consiste pour le débutant à éviter les efforts expiratoires exagérés difficiles à contrôler.

Texte extrait de : Guy Cornut. Thèse, mécanique de l’appareil respiratoire au cours de la voix parlée et chantée. 1958

Le tube de dentifrice

Démonstration pédagogique de l’expiration-chanteur

  1. Mauvaise émission vocale, en appui direct sur les abdominaux entrainant la fermeture immédiate de la cage thoracique.
  2. Mauvaise émission vocale, en appui direct sur les muscles immédiats de tout l’équipage laryngé.
  3. Bonne émission vocale, dont le soutien est puisé à la source de la colonne d’air, depuis le plancher pelvien.
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