J’ai vu la voix, chanter.

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Les affections des musiciens

P1000580Voici l’objet du travail de l’Institut de Médecine des Arts-Musique où j’ai été formée:

Les pratiques musicales sont une source de plaisir, mais également exposent à des contraintes physiques et psychologiques insuffisamment connues des thérapeutes et des musiciens eux-mêmes.
Les contraintes qui pèsent sur les pratiques artistiques sont variés selon l’instrument, le mode de pratique (concertiste, musicien d’orchestre, soliste, amateur, professionnel, élève), les répertoires (classique, rock, jazz, variétés, etc.), l’environnement, le rythme de travail, etc. Mais certains risques sont présents quelle que soit la pratique, tout en s’exerçant à des degrés divers.
Les maladies liées aux pratiques musicales sont de gravité variée, de symptômes gênant peu ou pas la pratique à des lésions suffisamment graves pour imposer a minima l’arrêt momentané de la pratique. L’effet cumulatif des contraintes physiques exigées pour jouer d’un instrument est différent selon les instruments, mais toujours présent. Si les contraintes mécaniques entraînent des effets pathologiques à court terme, le plus souvent se surajoutent des postures inadéquates, des compensations multiples, des gestes respectant peu la physiologie qui ont alors des répercussions à plus long terme.
Les études épidémiologiques révèlent l’étendue du problème. Le risque d’affections des musiciens en relation avec leur pratique est extrêmement fréquent.
50 à 76 % des musiciens professionnels vont être affectés par des troubles ostéo-articulaires. La prévalence de ces troubles de santé chez les instrumentistes à vent dans la famille des cuivres : cor anglais (french horn), trombone, trompette ou tuba, est de 63 %, et celle-ci est plus importante encore pour des instruments comme les cordes par exemple. La douleur est un symptôme que l’on retrouve fréquemment chez le musicien ; elle est présente chez 89 % des musiciens de conservatoire de haut niveau et celle-ci est majoritairement liée (>50%), d’après les musiciens eux-mêmes, à la pratique artistique.
Cela ne résume pas l’ensemble des troubles qui affectent le musicien : le stress, le trac, la dystonie de fonction, les problèmes dermatologiques, de la sphère orale et de l’embouchure des instrumentistes à vent, de l’audition sont autant de troubles qui les affectent.

1. Tendinite (syndrome de surmenage spécifique)
2. Syndrome de surmenage non spécifique
3. Compressions nerveuses
4. Dystonie de fonction
5. Troubles auditifs
6. Troubles dermatologiques
7. Affections de l’embouchure de l’instrumentiste à vent
8. Troubles des articulations-temporo-mandibulaires
9. Stress
10. Trac
La prévention est une nécessité, une exigence que chaque musicien doit intégrer afin d’éviter les risques et les affections qui peuvent mettre en difficulté la pratique et la carrière elle-même. La prévention sera d’autant plus efficace qu’elle va s’intégrer dans une véritable stratégie préventive qui prendra en compte l’ensemble des risques, organisationnels, environnementaux, techniques, psychologiques, gestuels et posturaux.

être attentif aux matériels, aux lieux de pratique
développer de bonnes habitudes de pratique, des pauses, des répertoires appropriés
prendre conscience de la dimension corporelle et psychologique de la pratique
développer des comportements de base salutogène (bien-être, hygiène de vie)
développer des gestes et des postures physiologiques
Médecine des arts se consacre depuis 1975 à la santé des artistes et particulièrement du musicien. Médecine des arts® développe des programmes de prévention, de recherche, de formation et a mis en place un réseau permettant une prise en charge spécialisée. Médecine des arts a créé en 1990 le premier Diplôme européen de Médecine des arts dédié à la santé du musicien. Le site internet Médecine des arts est le support sur la santé du musicien le plus visité sur le plan international. Le site Médecine des arts® a été créé pour améliorer la qualité de l’information destinée aux musiciens, aux thérapeutes et à toutes les personnes concernées par la santé des artistes et pour développer les connaissances dans ce domaine.

Chanteuses en surpoids

chLa soprano Lisette Oropesa, âgée de 34 ans, n’a pas toujours été la svelte chanteuse que l’on entend et voit sur les grandes scènes internationales.
Non, plus jeune, la chanteuse avait un surpoids important et à cette période son apparence physique, son poids la desservaient pour être prise dans les rôles principaux de l’opéra. Les directeurs de casting ne la choisissaient pas parce qu’ils la trouvaient « trop grosse ».
A la fin des années 2000, Lisette Oropesa a décidé de suivre un programme d’exercices pour revenir à un poids plus acceptable et ensuite le stabiliser, décidé de se reprendre en main afin d’être en meilleure forme physique et plus en relation avec les exigences des directeurs de casting.
Elle explique dans une interview qu’elle a appris à jouer dans son jeune âge de la flûte, loin de toute activité physique globale et que dans le sud de la Louisiane où elle a grandi, le menu consistait le plus souvent à manger des frites.
En 2005, elle pesait plus de 95 kilos, et on lui a expliqué très vite que malgré son talent, sa carrière dépendait aussi de sa perte de poids. En quelques années elle a perdu près de 30 kilos.
Dans les années 2012, elle est devenue une adepte du marathon et on la retrouve désormais sur la plupart des scènes d’opéra dans des rôles principaux. Elle ne se limite pas à la course, elle fait de la musculation, du yoga et elle a changé son mode alimentaire, mange vegan et se sent bien.
Dans une interview, elle confie : « Les gens écoutent avec les yeux, s’ils voient une femme magnifique alors, ils voudront qu’elle chante de jolis rôles de bel canto, même si la voix ne correspond pas ». De la même manière s’ils voient quelqu’un de grand, ils pensent que c’est un Falstaff et pas un Don Giovanni.
Lorsque quelqu’un regardait ma photo, il disait « Non, trop grosse, c’est pas juste, mais c’est la vie ». Ce n’est pas que le casting des réalisateurs qui est critique, aujourd’hui tout le monde à son blog, facebook. Les spectateurs sont également devenus plus critiques encore. On n’a pas besoin de qualification pour cela. »
Maintenant Lisette Oropesa court régulièrement et y prend plaisir. L’année dernière elle était sur la scène du Royal Opera de Londres.
Finalement elle est satisfaite du changement qu’elle a pu opérer. « L’exercice l’a aidée dans ses performances, elle est en bonne forme physique et cardiovasculaire », ce qui est important lorsque l’on veut chanter professionnellement.

A la question d’un journaliste [1] : On pense généralement que les chanteuses d’opéra devaient avoir une forte corpulence ?
« C’est un stéréotype, répond Lisette Oropesa. De nombreuses chanteuses célèbres et chanteurs merveilleux sont en surpoids, et les gens ont supposé de ce fait qu’une « grande voix » devait venir d’un corps tout aussi fort et grand. Ce n’est pas vrai. La façon dont la voix résonne n’a rien à voir avec la quantité de graisse de votre abdomen. Elle dépend en grande partie des cavités de résonance de votre visage. Les chanteurs avec des corps généreux pensent que leur soutien respiratoire est plus fort parce qu’ils sont eux-mêmes plus « forts », mais en fait, je trouve que c’est le contraire. Une fois que vous avez appris à utiliser votre soutien respiratoire d’une manière plus active et efficace parce que vous n’êtes pas aussi « lourd », alors vous n’êtes pas aussi fatigué, votre rythme cardiaque est moins rapide et l’amplitude de votre respiration plus grande. Le contrôle de ma respiration est devenu très important et mon rythme cardiaque plus lent. Chanter est épuisant. Vous êtes un athlète, vraiment, sur scène pendant des heures. »
« L’une des chanteuses d’opéra les plus célèbres Maria Callas lorsqu’elle a commencé sa carrière était en surpoids. Elle a été l’une des premières à préconiser la perte de poids pour obtenir une meilleure performance vocale et une meilleure présence théâtrale. Elle était l’une des pionnières qui a dit qu’être gros sur scène ne ferait pas de vous un meilleur chanteur ou un chanteur plus puissant. Maintenant, le revers de la médaille, c’est qu’il y a beaucoup de chanteurs qui essaient de perdre du poids très rapidement et leur voix en souffre. Si par exemple vous faites un régime « dur » et que vous perdez 15 kilos rapidement, alors vous n’avez pas eu le temps de réentraîner votre corps de telle façon que votre soutien respiratoire ne s’effondre pas – ou peut-être vos prises alimentaires ne sont pas assez caloriques alors vous ne vous rétablissez pas bien. Si vous vous privez de nourriture de manière trop importante, vous n’allez pas récupérer aussi vite.
Lisette Oropesa explique aussi l’intérêt de la course pour un chanteur. « Le chant, c’est une inspiration profonde et une longue expiration contrôlée. En courant, c’est ce que vous faites, mais ce n’est pas une respiration aussi longue. Je pense que je respire mieux en tant que coureur parce que je suis chanteur. Je sais où est mon diaphragme et comme « engager le bas-ventre ».
Je peux ressentir vraiment bien cela, car j’ai moins de graisse sur mon corps. Je sais quand je respire mal, quand c’est trop peu profond. Le chant aide ma respiration et courir m’aide à chanter. Cela va de pair.
« La course m’a beaucoup aidée avec un meilleur contrôle de la respiration, une plus grande endurance. Parfois, la mise en scène impose de faire des choses épuisantes, comme monter des escaliers tout en chantant, ce qui fait augmenter la fréquence cardiaque et peut vous mettre en difficulté sur le plan vocal ».
Désormais la course à pied fait partie de sa préparation scénique. « Je cours avant de chanter, souvent quatre ou cinq kilomètres l’après-midi avant un spectacle. C’est mon secret. L’échauffement parfait. »
La morphologie des chanteurs qui sont sur les scènes internationales s’est profondément modifiée ces dernières années. L’image, l’apparence physique est devenue particulièrement importante, pour les chanteuses et chanteurs, mais aussi pour les musiciens. D’un stéréotype, peut-être est-on en train de passer au stéréotype inverse, mais avec un bénéfice certain pour la santé. Une alimentation saine, équilibrée, un entretien physique régulier devraient faire partie du quotidien du professionnel chanteur et du musicien, quelle que soit sa pratique, son répertoire.

Article Médecine des Arts-Musique

L’estomac et ses liens ostéopathiques

Vous reconnaissez vous dans l’un de ces points ?

–Vous êtes facilement sujet aux raideurs de nuque, voir même aux torticolis
–Vous avez souvent des douleurs ou une sensation de raideur entre les omoplates
–Vous présentez souvent des douleurs centrales au niveau du thorax (sternum)
–Vous avez souvent des problèmes de gencives , caries voir même haleine fétide
–Des reflux acides en positions allongées
–Vous attrapez facilement un point de coté lorsque vous faites du sport
–Vous avez souvent le hoquet
–Des brûlures ou acidités d’estomac
–Une fatigue et les yeux lourds après chaque repas (post prandial)
–Un point douloureux au milieu du dos , qui peut même vous couper le souffle
-Reflux gastriques
-Acidité buccale au réveil
–Vous êtes de nature stressé ou anxieuse
–Avez ou avez eu un traitement anti-inflammatoire

Tout ces points sont possiblement des conséquences de tensions de votre estomac!

Petit rappel sur l’estomac

L’estomac est un organe du tube digestif qui fait suite a l’œsophage et se poursuit par le duodénum avant de devenir l’intestin grêle qui remplit un double rôle : digestif et mécanique.
En effet ,il mélange les aliments aux sucs gastriques pour les dissoudre et les mélanger et ainsi former le chyme (liquide assez épais) et va pouvoir ainsi poursuivre son rôle dans la digestion d et absorption des nutriments sur le reste du système digestif.

Comment l’estomac peut se présenter comme un point de départ de “chaîne Ostéopathique”?

petit rappel :Une chaîne Ostéopathique est formée par un point de tension (restriction de mobilité) qui va entraîner via ses liens mécaniques , fluides et neurologiques un ou plusieurs autres points de tensions sur d’autres zones ou partie du corps. (ex : une articulation “bloquée” va exercer une tension et déséquilibre sur un muscle qui a son tour va créer une tension sur l’autre extrémité de son attache)

L’estomac peut présenter un point de tensions ou restriction de mobilité de part une ou plusieurs origines:

-Origine mécanique
via ses ligaments d’attaches environnant (épiploon et ligaments)
-Origine alimentaire
Nous ne développerons pas ce point dans cet article mais avons tous connaissance des bonnes et mauvaises choses que nous mettons dans notre assiette.
-Origine médicamenteuse
exemple : les anti-inflammatoires sont connus pour être assez agressif sur l’estomac
-origine psycho-somatique
J’ai mal à l’estomac lorsque je suis stressé! tout le monde connais cela! mais d’autres émotions peuvent avoir un impact sur notre estomac.
Quels rapports avec la liste en début de cet article?
toute les plaintes énumérées en début d’article sont des conséquences possible de tensions d’estomac!
développons en quelques unes pour comprendre:
-raideur de nuque et torticoli : un estomac en tension va en créer d’autres sur le muscle diaphragme avec qui il est intimement lié. Ce dernier est innervé par les nerfs phréniques dont les racines nerveuses remontent jusque… C3-C4-C5 (cervicales 3 -4- et 5 ) et va donc créer un point de tensions environnant à ces étages vertébraux.)
-douleurs entre les omoplates: les dermatomes de l’estomac (liens neurologiques) sont T6-T7-T8-T9 (vertèbres thoraciques 6-7-8-9) et ainsi comme dans l’exemple précédent créer des points de tensions environnant à ces étages vertébraux
-point de coté à l’activité physique: la tout simplement comme dans le premier exemple , l’estomac est intimement lié au muscle diaphragme. Si ce dernier subit des tensions de l’estomac il va créer et déclencher plus facilement des points de coté.

Rôle et conseils de votre Ostéopathe

Le rôle de votre Ostéopathe sera de tester et comprendre cette fameuse chaîne Ostéopathique fin de vous proposer le traitement le plus adapté! régler le problème et vous soulager est une chose , mais en trouver l’origine afin d’éviter la récidive est encore mieux!

Quelques conseils pour prendre soin de votre estomac:

–Eviter l’excès de viande rouge qui reste assez agressif pour les muqueuses de votre estomac
-Favoriser les fruits et légumes
-Ne vous allongez pas de suite après votre repas afin d’éviter le risque de reflux gastrique
-Eviter un maximum tout ce qui est acide pour votre estomac (tomate , café , orange , sucrerie…)
-Pratiquer une activité physique afin d’évacuer un maximum votre stress et éviter les douleurs “psycho-somatiques”
–Ne manger pas jusqu’à satiété afin d’éviter une “agression mécanique” de votre estomac
–Eviter les produits laitiers ! reconnu comme agressif pour votre estomac et le reste du système digestif (surtout le lait de vache)

Y. Serniclay

Le point sur la dystonie de fonction chez le musicien – Médecine des Arts

Symptômes de la dystonie de fonction

La dystonie de fonction du musicien est une affection neurologique qui a des influences notables sur la pratique du musicien et la carrière du musicien lorsque celui-ci est professionnel.

Les troubles sont fonctionnels et se présentent sous la forme d’une perte de contrôle du geste musical au niveau de la main et du membre supérieur, ainsi que de l’embouchure de l’instrumentiste à vent.
Les symptômes surviennent lors de la pratique et habituellement ne se rencontrent pas en dehors de celle-ci. Les modes d’entrée dans cette affection sont le plus généralement progressifs, pour se stabiliser ensuite dans le temps.
Parfois pourtant la dystonie de fonction s’étend à d’autres gestes répétitifs comme le clavier d’ordinateur, mais aussi dans d’autres gestes comme l’écriture.
L’affection n’est pas douloureuse en dehors d’une douleur possible de tension du fait de contractures et de mouvements compensatoires.
Les examens complémentaires sont normaux et le diagnostic se fait sur l’histoire du trouble et sur l’observation dynamique lors de la pratique de l’instrument. Le geste dystonique s’organise autour d’un « patron » relativement stéréotypé de mouvement typique. Il survient plus volontiers à la main droite du pianiste, à la main gauche du violoniste et de l’altiste. Pour chaque instrument et chaque instrumentiste, on retrouve autour de cette stéréotypie des singularités, des formes qui ne surviennent que dans certains passages, des formes extrêmement légères ou au contraire très organisées. Des examens complémentaires pourront être entrepris a minima pour écarter certaines pathologies neurologiques et conforter ainsi le diagnostic négatif et l’absence d’autres pathologies, neurologiques notamment.

Physiopathologie de la dystonie de fonction

L’origine du trouble n’est toujours pas connu. Mais celui-ci repose de manière évidente sur la grande spécialisation du geste, sa répétition extrême, sa précision, voire sa virtuosité. Il est à noter que cette affection ne survient que chez le musicien de très bon niveau et donc celle-ci a été précédée par une longue pratique. Des facteurs de prédispositions ont été identifiés, comme des facteurs biomécaniques, mais des études sont nécessaires encore pour conforter ces éléments. De même on retrouve volontiers des profils psychologiques particuliers tels qu’une anxiété et un perfectionnisme plus élevé chez le sujet dystonique . Mais ces caractéristiques n’ont été rapportées que par de rares études et sont finalement retrouvées chez de nombreux musiciens non dystoniques.

Bien que la physiopathologie soit encore peu précise, désormais les connaissances sont suffisantes pour formuler que l’origine réside au niveau du système nerveux central. Les examens d’imagerie cérébrale (IRM) vont dans le sens de cette hypothèse en montrant des différences de représentations cérébrales (cortex somato-sensoriel) des doigts de la main dystonique (main gauche du violoniste), par rapport à la main droite non dystonique. La représentation cérébrale des doigts dystoniques est moins précise, moins différenciée que celle des doigts de la main non dystonique. Ces anomalies ont pu être confirmées lors d’examens d’imagerie fonctionnelle cérébrale (fIRM) par Butteworth et al. [4] notamment comparativement aux témoins. La représentation des doigts des sujets dystoniques était modifiée dans le sens d’une réduction de leur écartement (la représentation des doigts était plus rapprochée chez le sujet dystonique). Par ailleurs les auteurs relevaient une sous-activation dans le cortex somato-sensoriel secondaire pour l’ensemble des doigts et dans l’aire pariétale postérieure pour le Ve doigt. Pujol et al avec le même type d’examen réalisé chez des guitaristes affectés d’une dystonie focale, montraient que ces sujets avaient une plus grande activation du cortex sensori-moteur primaire controlatéral et une sous-activation bilatérale des aires pré-motrices.
Des recherches sont désormais engagées régulièrement chaque année et peu à peu nos connaissances sur le cerveau se développent. Nul doute que dans une décennie nous en saurons beaucoup plus sur cette affection et que le diagnostic devrait être mieux assuré et les traitements plus efficaces encore. Médecine des arts stimule la recherche dans ce domaine et fait la synthèse régulière des connaissances sur le sujet. Celles-ci font l’objet d’un enseignement dans le cadre du diplôme Médecine des arts.

Evaluation de la gravité de la dystonie

Si la maladie est de mieux en mieux identifiée dans le cadre de consultations spécialisées pour le musicien, cela reste un diagnostic qui peut être délicat dans les formes discrètes et atypiques. Si l’examen du musicien repose sur l’interrogatoire et sur l’examen clinique neurologique notamment, le diagnostic positif se fait à l’instrument. Parfois il est utile pour révéler le troubles de faire aborder un type de répertoire comportant des trilles, des arpèges. Le musicien a souvent expérimenté à maintes reprises les techniques de jeu déclenchant le mouvement dystonique. Il a expérimenté également de nombreuses « ruses sensorielles » qui lui ont permis d’atténuer le mouvement dystonique ou de le détourner pour pouvoir continuer à jouer. Tous ces éléments sont pour les thérapeutes qui prennent en charge des musiciens des signes cliniques que l’on peut définir comme « médico-musicaux » particulièrement significatifs.
Tous ces éléments sont pour les thérapeutes qui prennent en charge des musiciens des signes cliniques que l’on peut définir comme « médico-musicaux » particulièrement significatifs.
Plusieurs échelles ont été développées pour évaluer la sévérité de la dystonie
Echelle de Tubiana, Chamagne

  0. Impossibilité totale de jouer
1. Joue plusieurs notes, puis survient le blocage
2. Joue une courte séquence sans rapidité et avec un doigté de compensation
3. Joue des morceaux faciles, certains éléments techniques sont impossibles à exécuter.
4. Jeu presque normal, sans la rapidité ni la sonorité voulue
5. Jeu normal, reprise des concerts

Traitement de la dystonie fonctionnelle du musicien

Une grande palette de traitements existe, du fait même de la méconnaissance des processus physiopathologiques précis en jeu. Jusqu’aux années 1970, la dystonie de fonction était estimée comme une maladie chronique ne comportant pas de solution thérapeutique efficace et nombre de thérapeutes de l’époque estimaient ce trouble d’ordre pyschiatrique.
Les données ont changé ces vingt dernières années, sous l’initiative de P. Chamagne qui a permis d’une part de démontrer que cette affection pouvait être traitée et guérie dans plus de la moitié des cas avec une amélioration constante des pronostics et qui d’autre part a permis de protocoler le traitement rééducatif du musicien dystonique.
Bien d’autres traitements ont été essayés
des médicaments oraux (anticholinergique), sans succès,
la toxine botulique, peu pratiquée en France, dont les résultats sont discutés sauf lorsque le traitement est associé à des techniques rééducatives et il s’agit généralement d’une amélioration dont l’effet est passager.
Les techniques rééducatives lorsqu’elles sont faites par des thérapeutes confirmés dans ce domaine restent efficaces dans un grand nombre de cas. Le Sensory Motor Retuning, technique de rééducation plus récente, donne des résultats prometteurs.

Le diagnostic reste encore un diagnostic difficile pour un thérapeute non averti, avec le risque de sur-diagnostic ou de sous-diagnostic. Le musicien a intérêt à consulter une équipe pluridisciplinaire comme celle qui a été mise en place par l’Association européenne médecine des arts. En cas de doute, le musicien sera revu à une ou plusieurs reprises. De même, lorsque la rééducation est engagée, celle-ci repose sur de nombreuses séances et un processus thérapeutique qui se déroule le plus souvent sur plusieurs années. Il sera utile que l’équipe pluridisciplinaire puisse faire le point régulièrement, a minima annuellement sur l’évolution de l’affection. Devant un trouble sévère qui met en difficulté les espoirs de carrière ou une carrière, devant les aléas thérapeutique, sa durée, un soutien psychologique sera le plus souvent nécessaire afin de maintenir l’adhésion au traitement et la gestion des émotions inhérentes à de telles affections. Médecine des arts ® s’est engagée avec beaucoup de ténacité pour améliorer la démarche diagnostique ainsi que la rééducation, notamment par la mise en place du diplôme Médecine des arts-Musique qui permet d’apporter un consensus sur les connaissances acquises dans ce domaine.
L’association européenne Médecine des arts a mis en place une consultation pluridisciplinaire gratuite pour les musiciens qui porte notamment sur la dystonie focale du musicien.
La revue Médecine des arts a publié de nombreux articles sur le sujet et plusieurs dossiers. Un des derniers ouvrages de la collection Médecine des arts : La dystonie du musicien apporte de nombreuses informations avec beaucoup d’illustrations, sur la clinique, le diagnostic, les traitements, etc.

Bibliographie
Jaume Rosset Llobet, Silvia Fabregas Molas. La dystonie du musician. Manuel pratique à l’usage des musiciens et de leurs thérapeutes. Collection Médecine des arts. Alexitère. 2013.
[2] Jabusch HC, Muller SV, Altenmuller E. Anxiety in musicians with focal dystonia and those with chronic pain. Mov Disord 2004 ;19(10):1169–75.
[3] Elbert T, Candia V, Altenmuller E, et al. Alteration of digital representations in somatosensory cortex in focal hand dystonia. Neuroreport 1998 ;9:3571–5.
[4] Butterworth S, Francis S, Kelly E, et al. Abnormal cortical sensory activation in dystonia : an fMRI study. Mov Disord 2003 ;18(6):673–82.
[5] Pujol J, Roset-Llobet J, Rosine´s-Cubells D, et al. Brain cortical activation during guitarinduced hand dystonia studied by functional MRI. Neuroimage 2000 ;12:257–67.
[6] T.J. Lie-Nemeth. Focal Dystonia in musicians. 17 (2006) 781–787. Phys Med Rehabil Clin N Am

 

Ensemble vocal participatif / Cours de chant collectif

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Timides chroniques, personnes souffrant de douleurs du dos, orateurs, instrumentistes à vents, ou tout simplement apprentis chanteurs?

Reprise Ensemble vocal participatif / Cours de chant collectif
(A partir de janvier 2018)

✫ Tous les mercredi 17h/18h (Mouans-Sartoux)
✫ Un samedi sur deux de 11h à 12h (Nice)
✫ Nombre de personnes: Limité à 10
✫ Niveaux: Débutants – Moyens (& Moyens avancés)
✫ Age: Adultes
✫ Styles abordés: Participatif (chacun fait ses propositions)
✫ Lieu: Sur Nice 06 et Mouans-Sartoux 06

La Petite Fabrique à chants arrive et ça va faire… du bien!
Ici chacun trouve son chemin, dans un cadre agréable, une ambiance sereine et entouré de personnes sympathiques et souriantes. La grisaille et les soucis restent dehors: Réajustement de la posture, amélioration de la respiration, enrichissement du timbre vocal, maitrise de l’instrument vocal, libération des tensions.
Bref, on apprend et on se détend! Les cours collectifs seront l’occasion pour vous d’expérimenter le chant d’ensemble à l’unisson et à deux voix. A très bientôt!

La voix, organe sous influence 8: Les traitements hormonaux

L’hypothyroïdie, se marque vocalement par un œdème du bord libre des cordes vocales. La voix est aggravée, la masse cordale augmentée. Un rééquilibrage hormonal peut se faire par injection ou prise d’hormones thyroïdiennes (substitution thérapeutique).
La thérapie d’une pilosité exagérée chez certaines jeunes femmes à partir de médicaments à action anti-androgénique provoque là encore un œdème marqué du bord libre des cordes vocales, un abaissement de la voix et une modification du timbre.

L’hyperpilosité pathologique, l’hirsutisme traités par des médicaments à action anti-gonadotrope et progestative diminuent l’effet des androgènes au niveau des organes cibles. La thérapie de certaines formes d’endométriose ou de cancers du sein par des androgènes peut conduire à une virilisation irréversible de la voix.

• Certains porteurs de cancers prostatiques ou testiculaires soignés par castration chimique éprouvent des modifications souvent irréversibles de la voix.
• La prise de stéroïdes anabolisants chez les sportifs à haut niveau sont aussi responsables de modifications du timbre de la voix. La prise fréquente et régulière de corticoïdes en cas d’asthme, de bronchite chronique conduit à une altération du bord libre des cordes vocales, quelquefois à une surinfection mycosique avec amoncellement de sécrétions glaireuses collantes sur les lèvres vocales.
• Le traitement du lupus par des anti- malariques (Plaquenil) là encore est responsable de modifications irréversibles de la voix (effet médicamenteux, effet articulatoire du lupus?)

Conclusions

Pour chanter, le chanteur, par apprentissage, doit automatiser sa production vocale grâce à:

• L’utilisation de son corps dans une morpho-anatomie prédéterminée
• L’utilisation de son cerveau
• Sa mémoire vibratoire
• Sa mémoire gestuelle
• L’influence de son mental
• Son «bain» hormonal
• Son milieu socio-culturel

Une certitude toutefois se dessine au fur et à mesure qu’avancent les recherches.

• Durant les phases menstruelles, la variation des taux hormonaux circulants est en relation directe avec la chimie cérébrale(axe hypothalamus-hypophysaire) et les neuro-transmetteurs.
• Les neuro-transmetteurs se voient donner un rôle essentiel de par leurs actions sur notre psychisme.
• Notre conduite mentale (behaviour) est influencée par notre système immunitaire et l’hormone adréno-corticotrope,
les béta-endorphines (opiacés corporels internes), la thymosin hormone-like (synthétisée dans le thymus) sont des immuno-transmetteurs qui, s’ils sont sécrétés en moins grande quantité, influencent la qualité de notre voix.
• Si nous sommes prédisposés au stress, à une fatigue anormale, à des problèmes hormonaux, à une trop grande prise de poids ou au contraire à une perte de poids: les neuro-transmetteurs (sérotonine, dopamine) voient leur production diminuer ou se modifier. Il s’ensuit des problèmes vocaux.

Article Das APCS bulletin

La voix, organe sous influence 7: La voix chantée des personnes âgées

Le caractère sénescent dépend de plusieurs facteurs dont les plus importants sont liés à la posture qui s’altère, au tronc qui se voûte, aux organes de la cavité abdominale qui s’affaissent. La musculature laryngée, elle aussi, s’atrophie progressivement, en particulier les muscles tenseurs suivis par les muscles de soutien, aussi bien thoraciques qu’abdominaux. Les muqueuses laryngées se déshydratent progressivement, ce qui diminue la capacité vibratoire des cordes vocales.

Sur le plan acoustique on note:

• Un élargissement du vibrato qui devient
plus ample (jusqu’à deux à trois tons). Le passage progressif à un chevrotement: la glotte ne se ferme plus tout à fait et le flux d’air expiré continue à s’échapper au lieu d’être stoppé périodiquement.
• Une fréquence fondamentale qui s’abaisse chez la femme et remonte chez l’homme, ce qui rend le pianissimo difficile à produire, une perte progressive du registre de poitrine; l’apparition de couacs, c’est-à-dire d’arrêts vibratoires, de transformations des voyelles qui tendent toutes à devenir des «u». Une durée de phonation légèrement diminuée, des attaques vocales dures, accompagnées de coups de glotte brutaux, pour compenser le caractère soupirant, témoignage de la faiblesse vocale.
• Un timbre qui est caractérisé par un souffle dans les registres graves, par une diminution des harmoniques aigues, par une justesse du son de plus en plus difficile à produire, puis à maintenir.

Il convient de noter toutefois que le vieillissement biologique de l’homme crée des phénomènes de sénescence qui ne sont pas les mêmes chez tous les individus. Un homme âgé peut avoir un appareil phonoarticulatoire anatomiquement et fonctionnellement encore jeune, alors qu’un homme jeune peut déjà posséder un appareil phonoarticulatoire ayant toutes les caractéristiques de celui d’un homme âgé. La même observation se fait pour le sexe féminin où toutefois il faut souligner un abaissement physiologique de la tessiture dès la période préménopausique.

Article Das APCS bulletin