Améliorer sa performance musicale en fonction de son horloge biologique

La performance musicale ainsi que dans bien d’autres pratiques artistiques (danse, cirque, voix) est définie par les caractéristiques d’un réseau complexe d’éléments mentaux et physiques.
Certaines pratiques musicales exigent des performances motrices et cognitives hors du commun, un geste d’une grande précision, rapide, répété dans des configurations multiples. Le musicien doit soutenir cette performance dans des situations de stress intense devant un public, un jury et à des moments précis de la journée ou en soirée.
La réussite à un concours, d’une prestation qui revêt une importance primordiale dans un plan de carrière dépend, au-delà de niveau de performance liée aux apprentissages, aux capacités, de nombreux facteurs. Dans ces moments singuliers où la réussite est un enjeu crucial, il est utile de mettre de son côté tous les éléments favorables à la performance. L’hygiène de vie, la préparation physique et mentale sont les bases indispensables.
Un facteur est mal connu et finalement peu étudié, le chronotype et sa relation à la performance.
Le rythme biologique a une influence certaine. Dans le domaine sportif par exemple, des chercheurs affirment que les performances physiques peuvent varier de 26 % selon les heures de la journée et que « lève-tôt et lève-tard ne sont pas égaux pour faire face à une épreuve selon le moment imposé de la performance [1]. La question se pose-t-elle pour les musiciens, d’autant que leur performance dépend de capacités sensitivo-motrice fines et localisées ? C’est à cette question que répond l’article présenté dans la revue Médecine des Arts n°86, « L’influence du chronotype sur le jeu musical : fluctuations circadiennes de la motricité fine des pianistes [2].
Le chronotype définit la préférence d’une personne pour des activités plus matinales ou plus vespérales, notamment l’heure de coucher et de lever. Ainsi certains musiciens sont « du matin », c’est-à-dire sont des chronotypes précoces alors que d’autres sont des chronotypes tardifs. Ces différences s’observent non seulement dans les habitudes de sommeil, mais aussi dans de multiples oscillations physiologiques, comportementales qui se produisent sur une période de près de 24 heures. L’effet des rythmes circardiens sur la performance sportive est bien documenté, l’étude présentée dans la revue Médecine des arts est la première recherche sur ce thème dans le champ artistique, particulièrement du musicien.

Les fluctuations de la précision sensori-motrice dépendantes du chronotype chez un pianiste ou un violoniste par exemple au cours de la journée peuvent être déterminantes dans le cadre d’un concours, de séances d’enregistrement, qui sont planifiés à un moment précis de la journée.
Cette recherche [2] met en évidence que même des tâches sensori-motrices hautement complexes comme jouer de la musique sont soumises à l’influence du chronotype du musicien et du moment de la journée.
Certes ces différences sont faibles, mais elles peuvent avoir une influence sur le jugement d’un public averti comme les membres d’un jury, plus encore lorsque le un programme est particulièrement difficile à jouer.
Sur un autre plan, les performances sont programmées à des horaires rigides et cela peut présenter un défi supplémentaire pour le musicien sensible à ces influences horaires ; c’est pourquoi des recherches complémentaires méritent d’être menées afin d’élaborer des interventions personnalisées ciblant le sommeil et la biologie circadienne et visant à modifier le moment où se situe la performance de pointe du musicien afin de tenir compte des périodes inflexibles de jeu devant un public, un jury, pour un enregistrement.

 

Médecine des Arts Musique

Trac: Témoignage de Marina Chiche, violoniste

Quatre stratégies puissantes pour combattre le trac ou l’histoire du taureau, du panda et du singe

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un gros mot, enfin, d’un mot un peu « tabou » : le trac ! Grrrr…
Longtemps j’ai balayé ce sujet d’un revers de la main. On me posait souvent la question de savoir si j’avais le trac et je répondais aussitôt :
« Moi, non, je ne suis pas traqueuse ! »
Un peu comme si le fait d’en parler réveillerait les mauvais esprits. 👻
De manière quasi superstitieuse, je contournais la thématique.
Et puis, au cours de ces dernières années au fil de mon expérience en tant que concertiste et aussi en tant que professeur, j’ai rencontré maintes fois cette question et j’aimerais partager avec vous ce que j’ai appris.
Qu’est-ce que le trac ? 😱
Tout d’abord entendons-nous sur la définition.
Le trac, c’est un drôle de mot qui semble porter une connotation bien négative et qu’on associe souvent avec l’autre gros mot qu’est le « stress ».
Vous connaissez sans doute tous cette sensation d’inconfort avant une prise de parole en public.
En allemand on distingue deux expressions qui recouvrent deux réalités différentes : « Lampenfieber » (littéralement la fièvre sous les lumières de la rampe) et « Aufführungsangst » (la peur de la performance). La première expression a une connotation bien plus positive que la deuxième. C’est qu’il est judicieux de faire la différence entre un trac « porteur » et un trac « inhibiteur », on pourrait dire un stress positif et un stress négatif. J’y reviendrai un peu plus tard.
En tout cas, l’expérience de la scène semble être associée aux réactions de stress, qu’elles soient physiologiques ou mentales : accélération du rythme cardiaque, tremblements et moiteur des mains pour certains, pensées d’anticipation négatives pour d’autres…
« Trac » viendrait de la réaction d’un animal traqué. Alors, instinct de survie avant tout (vous vous souvenez, je vous en parlais dans mon précédent article sur les festivals de musique de chambre). On dénombre comme pour le stress trois réactions : fuite, paralysie, combativité.
Bon, j’ai tendance à exclure la fuite de mon répertoire des réactions acceptables. Pour autant, on a déjà vu des annulations de dernière minute pour cause de trac insoutenable.
Il peut sembler étrange de parler de survie, de lutte ou de fuite, alors qu’a priori, au moins à l’âge adulte (!), personne ne nous force à monter sur scène. Et en plus, il faut bien le dire, beaucoup d’artistes avoueront qu’ils aiment ça, être sur scène.
Alors, masochisme ? Pourquoi pas. Mais en fait, il me semble que ces deux réalités ne sont pas incompatibles. On peut adorer se produire et redouter la scène en même temps.
Il faut d’ailleurs parfois se « sur-monter » pour monter sur scène.
Je me souviens d’un épisode étrange la veille de mon concours d’entrée au CNSM de Paris, j’avais 16 ans. Apparemment j’avais dit toute la nuit dans un demi-sommeil, (ma mère et ma soeur confirmeront) : « Je n’ai pas envie de jouer mais j’ai envie de bien jouer! »
Bref ! Chacun a son cocktail personnel de peur et d’excitation, d’envie d’y aller tout en gardant un œil sur la porte de sortie pour pouvoir s’échapper au plus vite, juste au cas où.
Et puis, la relation à la scène peut être évolutive. Cela change selon les périodes.
Beaucoup de mes collègues se souviennent d’une période d’innocence avant des phases plus compliquées à l’adolescence, au conservatoire ou lors des concours internationaux.
Ah, elle est loin, l’innocence de la petite enfance, où j’avais juste très envie de jouer. Peur de rien. En toute simplicité

La scène, lieu de tous les dangers… ou presque 👻
De la fausse note au trou de mémoire, de la peur du ridicule à la peur du jugement des autres (et de soi !), monter sur scène, vous l’aurez compris, peut faire peur.
Faut-il rappeler qu’en anglais, on dit « stage fright » ? la peur de la scène…
Même si on ne la ressent pas toujours consciemment, cette peur, on sait que tout peut se produire, comme si d’autres lois régissaient cet espace : peur de l’inconnu avant tout.
On est rarement complètement en « sécurité » (métaphorique, j’entends) ; un peu comme si un tigre était présent sur scène avec nous, dans une cage – peut-être pas si fermée que cela. Peut-être qu’il dort ou qu’il est calme, mais personne n’est à l’abri ! 🐯
Prenons un peu de recul : est-ce que ces dangers sont réels ou imaginaires ?
La dimension irrationnelle attachée à la scène fait que le niveau de stress vécu par les musiciens peut sembler disproportionné. En effet, quels sont les risques du métier? Un chirurgien a une vie entre ses mains, un torero peut y rester… Mais à ma connaissance, un musicien n’a jamais tué personne avec une fausse note…!
quoique ?
Dans l’anticipation, certains passent par toutes les couleurs. Envie de vomir, insomnies avant l’entrée en scène, malaises, et même pendant !
On se souvient de quelques sorties de scène mémorables de grands artistes, non satisfaits de leurs performances. Le fantastique pianiste polonais Piotr Anderszewski était sorti de scène lors du Concours de Leeds en 1990. Le phénoménal violoniste russe Philip Hirschhorn aussi était célèbre pour ses sorties de scène rageuses.
C’est qu’il est parfois dur de concilier l’expérience du « live » avec les injonctions de perfection auxquelles notre époque abreuvée de disques est habituée.
Vous vous souvenez de la phrase de Heifetz dont je vous parlais dans un de mes articles précédents.
« Pour jouer du violon, il vous faut les nerfs d’un torero, la vitalité d’une hôtesse de boîte de nuit et la concentration d’un moine bouddhiste ».
Il faut savoir prendre le taureau par les cornes, ou le contourner selon les contextes.
En tout cas, le regarder droit dans les yeux.
C’est parti ! Olé ! 🐮💃
Les stratégies 🤓
J’aime à penser que la scène est comme un animal qui se dompte et que gérer son trac ou plutôt s’approprier son expérience sur scène est un art à développer et surtout à pratiquer.
La situation de scène s’étudie, s’essaie, s’expérimente. Et à chaque fois, on en ressort peut-être un peu meurtri mais sûrement grandi.
⚠️ Un bémol toutefois ! Souvent ces apprentissages sont des constructions éphémères. Quand on se dit qu’on a trouvé la recette magique, on peut être quasi sûr que la fois suivante,cela ne fonctionnera pas. Car… il n’y a pas de recette magique – comme dans Kungfu Panda 🐼
Les facteurs qui constituent l’expérience sont trop changeants. Comment on a dormi la veille, comment on se sent le jour J, avec qui on joue, ce qu’on joue etc…
Pour autant, on peut observer des principes. Les neuro-sciences se sont d’ailleurs penchées sur la question.
Et voici quelques stratégies ou modes de pensées qui me semblent intéressant de noter.
1. Ne pas combattre 🏹

Pour combattre le trac, tout d’abord il faut ne pas vouloir le combattre ! Cela peut vous sembler un avatar de technique non-violente peu à-propos. Pourtant c’est le point de départ.
En somme, il ne faut pas essayer de l’éviter. Je dirais même, il faut s’y attendre ! Ce « tour à 180° » comme on dit en coaching peut vous sembler très contre-intuitif.
Combien d’élèves viennent me voir en me demandant comment faire pour être « relax », « détendus ». Pas moyen ! J’aime les choquer en poussant le vice un plus loin, en leur disant : « il faut vouloir avoir le trac ! »
Si, si !
En effet, c’est là que se niche une source insensée d’énergie et d’inspiration. D’un point de vue physiologique, c’est de là que va provenir la sécrétion d’adrénaline qui va nous rendre hyper-performant et qui va nous donner un sixième sens. On entend mieux, on voit mieux, notre perception est au top – « à l’affût » comme le montrent plusieurs études (neuro-sciences et musique : je vous en parle bientôt !).
Évidemment, trop d’adrénaline peut aussi nous faire franchir le seuil, la « zone » et là, l’effet devient inhibiteur. Le tout est d’arriver à favoriser les conditions afin que ce « stress » ne soit pas inhibiteur mais au contraire stimulant, favorable à l’expression de notre potentiel maximal.
Équilibre complexe, certes.
Et beaucoup de mes collègues seront d’accord avec moi. Le pire, n’est-il pas de ne pas « avoir peur » avant d’entrer sur scène ?
Car la prise de conscience du « danger » peut se produire d’un coup, sur scène. Comme un pilote de formule 1 qui réaliserait en plein virage qu’il est en train de rouler à 300 km/h. Et là, compliqué de bien réagir… 🏁
Alors, parole de torero 😏: il vaut mieux regarder le taureau droit dans les yeux avant d’attaquer !
2. Activer une spirale vertueuse 🌀💫
Au cours de ma formation, j’ai développé une méthodologie qui m’a beaucoup aidée et qui distingue trois niveaux : le mental, l’émotionnel et le corporel.
🤓
Cela est valable pour prendre la parole devant un public aussi !

L’idée est que ces trois niveaux sont interconnectés et qu’un lien dynamique les relie. ♻︎
Mes pensées ont un lien avec les émotions et mes émotions vont se traduire physiquement. Ainsi s’installe un cercle soit vicieux, soit vertueux.
Si mes pensées sont négatives, je vais me sentir triste, désespérée ou autre et mon corps va se contracter.
Si je me sens nerveuse, mes pensées négatives vont s’emballer et idem, mon corps se tend trop.
A l’inverse, si je ressens la joie d’aller sur scène, mes pensées d’anticipation vont être positives, mon corps s’ouvre, je respire ou
si j’ai bien dormi, je me sens bien dans mon corps, je me sens en pleine puissance de mes moyens (pensées positives) etc… Vous avez compris le principe, n’est-ce pas ?
Le but est d’arriver à trouver un point d’entrée, un levier pour renforcer ou inverser la tendance.
Ainsi je vais essayer de taper à la porte de chacune des dimensions évoquées et de manière très pragmatique, voir ce dont j’ai besoin aujourd’hui et maintenant (vous vous souvenez : pas de recette magique !).
Je vais donc choisir un focus sur lequel porter mon attention.
Par exemple, un focus corporel très important peut être la respiration ou bien, sentir le contact de mes pieds sur le sol. Ce qui va me donner une sensation d’ancrage et donc de sécurité, etc…
Cela peut être aussi plus « technique » : ressentir le pouce de ma main droite (toujours une bonne idée !).
Un focus mental peut être de convoquer des pensées porteuses : se remémorer des expériences positives, me laisser guider par une idée-force ou me rattacher à un mot-clé ou concept (projeter le son jusqu’au dernier rang).
Un focus émotionnel peut être de me connecter à la joie contenue dans telle pièce de musique ou à l’amour que je porte à cette pièce depuis petite.
Bon, je vous laisse expérimenter avec cela ! Le but étant de se créer sa boîte à outils personnelle de “trucs” qui fonctionnent bien. ☺️🛠
3. Dompter son singe intérieur 🙈🙉🙊
A bas, le perfectionnisme ! 💯 ⚠︎🎯
L’ennemi numéro 1 selon moi, c’est le perfectionnisme.
Et j’en parle en connaissance de cause. Je dois sans cesse le déconstruire. En effet, dur de s’en séparer quand toute ma formation a été accès sur une exigence impitoyable.
Alors, viser la perfection dans la préparation, oui. Et au moment de jouer, basta : on oublie tout !
80% au lieu de 100% et autres astuces
Une technique mentale qui m’a beaucoup aidée est le « 80 % au lieu de 100%», autrement dit aller sur scène en s’accordant de ne viser « seulement» un résultat à 80%. Cela soulage incroyablement puisque l’enjeu n’est plus un sans-faute (concept bien relatif!). Et parfois, sur un malentendu…on peut produire un 90 ou un 95% !
J’aime aussi beaucoup l’idée que partageait Jean-Jacques Kantorow lors d’une master-classe à l’Académie Ravel. Il nous faisait remarquer que souvent, après la première erreur sur scène, on se libérait. En effet, le fantasme du 100% se dissipait et on était enfin présents.
Donc, viser de faire bien, mais pas parfait – « Good enough is good ! ».
Parfois quand mon mental résiste et que rien ne semble marcher, j’emploie la massue . 🔨
Et là, c’est la formule magique (si,si ! Elle est magique celle-là. Je vous laisse l’essayer).
C’est le « F***k it »
👉
http://www.thefuckitlife.com
Ce que je trouve vraiment porteur et qui a une portée plus philosophique, c’est une forme d’acceptation – au sens noble du terme. Finalement on monte sur scène, avec ses forces et ses faiblesses. Ne pas vouloir être quelqu’un d’autre que ce que l’on est et accepter de se montrer là où on en est.
Il y a une certaine beauté, une humilité radicale et un vrai lâcher prise dans cette attitude.
Dompter le singe intérieur ou la gestion du mental 🙈
Il est amusant de constater que ce dont on a peur sur scène relève du « vide », du manque, de l’absence : le trou de mémoire, le « black-out ». Pourtant souvent, l’ennemi, c’est le trop-plein du mental.
Alors, on se dit que l’idéal avant un concert serait de « faire le vide ». Certains pratiquent la méditation de pleine conscience ou font des méditations zen.
J’aime à envisager la problématique différemment. Il est difficile de créer du vide a priori, ou de se demander d’enlever quelque chose.
Essayez un peu avec cet impératif : « Ne pense à rien ! » …
Ce qui me paraît plus efficace parfois je trouve, c’est alors d’occuper mon mental et mon « singe intérieur » à de « bonnes choses ».
Les bouddhistes parlent de singe intérieur pour désigner un mental agité qui, tel un singe, se balade de branches en branches, les branches étant les pensées (par exemple les scénarios d’anticipations : « et si… ».)
Il est souvent difficile de calmer ce singe espiègle et hyper-actif avant un concert. Selon moi il ne s’agit pas de se forcer avec des pensées positives. Il me semble que mieux vaut détourner l’attention du singe et donc lui donner du « bon » grain à moudre. Par exemple faire quelques exercices techniques pour se chauffer, activer des pensées concrètes, physiques ou mentales.
Celles de ma boîte à outils, vous vous souvenez ?
Pour être dans le présent, rien de tel aussi que de retrouver ses sensations, revenir dans son corps par des exercices simples de respiration ou de QiGong.

Et puis, une autre chose qui vient nous occuper, moi et mon singe, c’est de consciencieusement me maquiller et mettre mes vêtements de scène. Ah, il ne faut pas sous-estimer la puissance des rituels ! En voici un qui permet de passer en « mode concert ». Je suis persuadée qu’une métamorphose a lieu dans ce moment qui peut parfois sembler futile.

4. Prepare for the worst… 🍣 and hope for the best 🙏

Practice, practice, practice
En amont, la règle, c’est : « Practice, practice, practice ». Pas au sens du nombre d’heures et de l’épuisement mais plutôt dans l’idée de se préparer au mieux, de peaufiner son artisanat un peu comme un maître sushi. Je vous avais déjà parlé de la force des « basiques », aiguiser ses couteaux !
Car on ne peut pas miser sur des miracles, même si parfois ils se produisent…
Rien de tel pour conjurer le trac que de se sentir vraiment bien préparé.
Ou l’inverse d’ailleurs. Rien de tel pour déclencher le trac que de savoir que l’on n’a pas de réserve, pas de soupape de sécurité. 🆘
C’est donc la sensation d’avoir bien préparé qui donnera aussi de la sérénité, et qui paradoxalement, fera descendre la pression de la perfection
On a fait tout ce qu’on pouvait – ni plus, ni moins.
Au moment de rentrer sur scène, on oublie tout et on fait confiance.
Bon, il y aurait encore beaucoup de techniques de visualisation et de mental training à évoquer. Promis, pour un prochain post !
Dire « oui » à la scène
… ou l’art d’accueillir l’imprévu comme une bénédiction.
Parfois tout se passe comme prévu, comme souhaité. Cela peut donner une grande satisfaction du travail bien fait, de l’accomplissement. Mais cela ne donne aucune garantie que le concert ait été bon. En effet, on peut aussi être « passé à côté » émotionnellement.
Parfois la scène réserve de sacrées surprises. D’une corde qui vient à lâcher à une partition qui tombe en cours d’exécution. Cela m’est d’ailleurs arrivé à Leicester il y a deux semaines durant le Quatuor américain de Dvořák ! J’ai dû ramasser la partition de Kristin, l’autre violoniste, tout en reprenant ma partie au plus vite !
Il m’est même arrivé, dans un moment d’enthousiasme débordant, de jeter en l’air mon archet lors d’un concert au Japon. Il s’agissait du Quintette de Dvořák avec piano avec Boris Berezovsky, Dimitri Makhtin, Miguel Da Silva et Henri Demarquette.
Heureusement l’archet n’était pas cassé (miracle, merci la moquette !) et une personne du public m’a très poliment tendu mon archet pour que je puisse continuer comme si de rien n’était…ou presque. Je vous assure que l’énergie sur scène est montée d’un cran juste après !
Un cas typique d’adrénaline pur ! Impossible de se préparer pour ce genre de situations, il faut prendre des décisions en temps réel.
C’est qu’en fait, la scène est l’espace d’improvisation par essence. En tant que musicien classique, on peut être tenté de résister à l’idée. Mais c’est ainsi.
Il n’y a pas que les jazzmen qui sont amenés à gérer avec les moments d’imprévus. J’ai d’ailleurs beaucoup appris en m’aventurant dans des jam-sessions récemment.
Et c’est d’ailleurs dans des moments d’abandon et d’imprévu que se produisent les perles du « live ».

La force de l’intention ⚽️
Pour finir, il me semble que ce qui l’emporte sur toutes ces techniques, c’est le simple fait de se remémorer pourquoi on va sur scène, ou plutôt pour quoi.
Dans les moments de doute, il est vrai qu’on peut oublier les raisons profondes qui font aller sur scène. On peut aussi ressentir une hostilité de la part de certains publics (hostilité réelle parfois 😱) dans des contextes de compétition ou projetée aussi, à cause de mauvais souvenirs ou de peurs externalisées.
Mais si on se souvient que l’intention d’aller sur scène provient d’un désir profond de diffuser de la musique que l’on aime intensément, au centre de la scène se retrouvent l’œuvre, l’onde sonore et le compositeur et c’est une logique de partage qui nous porte.
On peut alors être dans la générosité, dans l’engagement total, sans retenue.
Jouer avec ses tripes, « mouiller le maillot » comme on dit en foot.

Car, pour reprendre l’expression d’Edgar Morin, le but ultime, n’est-il pas de vivre une « expérience partagée » avec le public ?

Drogues et professionnels du spectacle

306261_10151545135998185_1308949696_nLa consommation de drogues (licites et illicites) est la première cause de mortalité évitable. En 2010, année connue, les données épidémiologiques permettent d’estimer le nombre de vies humaines perdues en France, liées à la consommation pathologique d’alcool, à l’usage de tabac et à l’usage de drogues illicites, à respectivement 49 000, 79 000 et 1 600 (4) soit un total proche de 130 000 décès. »
Il existe de fortes disparités de la consommation de substances psycho addictives selon le secteur d’activité. En 2014, trois milieux professionnels étaient concernés par des niveaux élevés de consommation de Substances Psycho Addictives (SPA) licites (alcool, tabac) ou illicites (cannabis, autres drogues) : le bâtiment et les travaux publics (BTP), le secteur englobant les arts, les spectacles et les services récréatifs, ainsi que l’hébergement et la restauration [1].
Dans l’hébergement-restauration, les hommes occupaient la première place pour l’alcoolisation ponctuelle importante (API) dans le mois (39,7 %) et la seconde place pour l’ivresse dans l’année (36,7 %) ; la première pour la place de la cocaïne (15,6 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (3,9 %) ; la seconde place pour le tabagisme quotidien (42,8 %) ainsi que pour la consommation de cannabis dans l’année (17,6 %). [2]
Dans le secteur du BTP, les hommes arrivaient en tête pour le tabagisme quotidien (45,3 %), en troisième position, pour l’alcoolisation ponctuelle importante (API) dans le mois (32,7 %) et l’ivresse dans l’année (35,7 %), ainsi que pour l’usage de cannabis dans l’année (13,9 %). [2]
Les personnels masculins des arts, spectacles et services récréatifs, occupaient la première place pour l’ivresse (44,8 %) et l’usage de cannabis dans l’année (24,6 %), la seconde place pour la consommation de cocaïne (12,4 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (7,9 %) [2], la troisième place pour le tabagisme quotidien (40,4 %) et la quatrième place pour l’alcoolisation ponctuelle important (API) dans le mois (32,5 %) [2]. » [3]
Comme dans bien d’autres domaines, l’action préventive devrait s’inspirer de méthodes novatrices. Le renforcement de la cohérence dans un discours non moralisateur en évitant les « ne pas » participe à engager un dialogue ouvert sur ce sujet, en laissant à chacun sa liberté d’action en connaissance du risque, du moins chez les adultes. C’est cette liberté et une écoute préventive active qui est un des facteurs inducteurs de prise en compte de l’information préventive.
La prévention des addictions est un domaine à développer concernant les métiers du spectacle. La surmortalité précoce des musiciens dans les musiques actuelles devraient inciter les institutions à agir avec les associations concernées par ces actions, sans oublier de porter cette présentation à l’ensemble des artistes et des techniciens du spectacle quel que soit leur discipline et leur statut.
A noter
« Plus que tout autre toxique psychotrope, le cannabis jouit d’une réputation de drogue «douce», ce qui a tendance à banaliser son utilisation dans de nombreux esprits. En même temps, l’évolution de la plante commercialement disponible au consommateur semble s’orienter vers des produits de plus en plus concentrés au niveau de la substance active.
La relation entre le cannabis et la psychose est évidente pour tout clinicien confronté aux soins du jeune souffrant de psychose. Les différentes études disponibles montrent que le cannabis cause non seulement une péjoration de la symptomatologie psychotique et du pronostic, mais qu’il entraîne une plus grande difficulté à traiter ainsi qu’une atteinte aux compétences cognitives et sociales du patient, qui s’en trouve d’autant plus isolé et réfractaire aux approches psychothérapeutiques.
Au-delà de ces considérations thérapeutiques concernant l’individu souffrant déjà de psychose, le progrès de nos connaissances permet d’aborder une question de plus grande envergure avec des ramifications dans la médecine préventive mais aussi sociales au sens large : le cannabis peut-il causer une psychose chez une personne saine ? Les études épidémiologiques et biologiques récentes soutiennent fortement cette hypothèse. »

Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
Médecine des arts est une marque déposée. Copyright médecine des arts©

Les sons, l’eau, le corps humain.

 

La somatisation: Causes et conséquences

LiaisonsLes organes et viscères ont une MOBILITÉ suivant plusieurs axes de MOUVEMENT (venant de l’embryologie).Ils peuvent être bloqués dans leur mouvement donc dans leur physiologie pour diverses raisons : accident comme une chute, accident d’auto ou toute onde de choc pouvant créer un coup du lapin, un choc affectif ou émotionnel suite à un décès ou une séparation.
Les organes ont une MOTILITÉ qui renseigne sur la VITALITÉ. Celle-ci peut être très diminuée dans divers cas comme une dépression, un choc émotif, un surentraînement.

Test de ventilation:

Douleurs abdominales lors de l’inspiration profonde, probabilité que l’organe soit en cause dans la gêne respiratoire.
Douleurs abdominales lors de l’expiration profonde, certainement un problème touchant les moyens de fixité d’un ou plusieurs organes.

Mobilisation:

Organes sensibles lors de l’inspiration travail sur la circulation sanguine, le flux lymphatique.
Organes sensibles lors de l’expiration travail sur la dynamique organique. Travail sur le mouvement fascial afin de redonner une élasticité et soulager des adhérences éventuelles.

UNE ADHERENCE OU UN BLOCAGE AU NIVEAU DE LA COLONNE VERTEBRALE DECLENCHERA DES CONSEQUENCES AU NIVEAU DES PERIPHERIQUES AUXQUELS LES ORGANES SONT RATTACHES.

LIEN VISCERES/COLONNE VERTEBRALE

D1-D5:
organes intrathoraciques + viscères intracrâniens
D6-D9:
pancréas, râte, estomac, foie, vésicule biliaire, duodénum
D10-D12:
rein, glande surrénale, colon ascendant, ½ colon transverse
D12-L2:
½ colon transverse, colon desc, sigmoide, vessie, utérus, prostate, ovaires, rectum
D10-L2 :
vasomotricité des membres inférieurs et de l’abdomen
D1-D9 :
vasomotricité des membres supérieurs, la tête, le tronc.

Névralgie d’Arnold

 

arnoldite[1]Assez handicapante pour les chanteurs, la névralgie d’Arnold prend sa source au niveau de C2, vertèbre qu’il est difficile de ne pas solliciter pour le chant. Cette irritation du nerf, faisant souvent suite à un coup du lapin, peut intervenir 15 ou 20 ans après le choc. Entre la sollicitation des vertèbres concernées et les vibrations qui se dégagent lors du chant dans toute la boite crânienne, les douleurs peuvent devenir intolérables.  Elles peuvent irradiées au niveau des sinus, des jointures des mâchoires, du front.. Ci-dessous vous trouverez toutes les explications sur cette névralgie. La guérison est lente et longue mais pas impossible. Les solutions sont multiples et complémentaires.

Le nerf  » d’Arnold  » est un nerf bilatéral et volumineux, formé par la branche postérieure de la deuxième racine cervicale (C2). Il innerve les muscles profonds du cou et agit à deux niveaux : sur le plan moteur (mobilité du cou) et sur le plan sensitif (permet de sentir le cuir chevelu).

Définition

La névralgie d’Arnold est une neuropathie périphérique (atteinte d’un nerf périphérique). Elle est également appelée arnoldalgie ou névralgie du nerf grand occipital. La manifestation la plus courante (voir le tableau plus bas) est une douleur vive, localisée ou irradiante.

La localisation et la description des douleurs à type de brûlures ou de décharges électriques permettent de suspecter fortement le diagnostic, et un examen d’imagerie par scanner ou IRM cervicale confirme le diagnostic. Les douleurs sont chroniques et relativement handicapantes et la prise en charge est difficile et discutée. Des infiltrations de corticoïdes et une prise en charge rééducative par un kinésithérapeute soulagent généralement le patient au moins transitoirement.

Causes

Comme toutes les névralgies, cette pathologie peut survenir de manière spontanée ou provoquée. Les traumatismes au niveau cervical suite à une chute, ou un accident de la route par exemple, sont souvent en cause dans la névralgie d’Arnold. Parmi les causes locales de cette pathologie citons le blocage d’une vertèbre cervicale, des lésions à la base du crâne, un rhumatisme ou une maladie de la moëlle épinière (rarement) connue sous le nom de Syringomyélie.

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Symptômes

La douleur est l’une des principales manifestations de l’arnoldalgie. Elle est localisée à la face postérieure de la nuque. Elle est particulièrement vive (sensations de brûlures), aux mouvements du cou. Elle peut être sporadique ou continue. Elle irradie souvent de la charnière cervico-occipitale jusqu’à la région frontale. Elle peut être déclenchée par contact (pression du doigt). Une sensibilité du cuir chevelu et des céphalées peuvent survenir.

Traitements

Parmi les traitements proposés, citons les infiltrations de cortisone afin d’atténuer les symptômes douloureux, la rééducation du rachis cervical. Des séances d’ostéopathie et de mésothérapie sont parfois conseillées mais doivent être effectuées par des professionnels compétents.

Notes personnelles: On peut obtenir de bons résultats avec l’acupuncture. Veillez à prendre des cours de chant avec un professeur qui connaisse bien le problème.

Diplôme Européen Médecine des Arts Musique 2018

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Heureuse!

Formateurs: Mme Isabelle Campion et Mr. Philippe Chamagne (Kinésithérapeute spécialisé dans la rééducation du musicien); Mme Elisabeth Fresnel (Anatomie et physiologie de l’appareil vocal); Mr. Raphaël Sikorski (La voix chantée); Mme Evelyne Shapira (Pédagogie du souffle phonatoire); Mme Maryvonne Fournier (Physiologie de la langue), Technique Alexander et Feldenkrais …

Accouchement les femmes cessent de pousser: Résultats incroyables.

«Le chant prénatal pour expirer et accompagner bébé au lieu de pousser»

“Si vous avez déjà vu une femme accoucher dans un film ou à la télé, vous avez alors entendu le personnel hospitalier criant « POUSSEZ! ». Si vous avez vous même eu un bébé, vous l’avez sûrement entendu aussi.

L’équipe de l’hôpital Medway Maritime à Kent, a initié un projet: Arrêter de demander aux Femmes de pousser durant l’accouchement. En constatant le nombre accru de déchirure sévères , environ 14,000 en 2014, Le conseil Royal des Obstétriciens et des Gynécologues et le Conseil Royal des Sages-Femmes ont lancé l’alerte afin de mener des actions.
Un an après le début du programme « ARRÊTEZ DE POUSSER », l’étude montre que les femmes ayant subi des déchirures conséquentes sont passées de 7% à 1%. Des résultats étonnants, simplement en arrêtant de demander aux femmes de pousser durant l’accouchement.
Le programme encourage aussi les femmes à ne pas rester en position allongée, mais d’essayer des positions alternatives dans lesquelles elles se sentiraient plus confortable.
Le programme demande aussi aux sages femmes de ne pas tirer les bébés lorsque les épaules sortent, mais de simplement soutenir le bébé à sa sortie, ce qui réduit les pressions sur la zone périnéale. Garder une main légèrement en pression sur le périnée durant la sortie de la tête du bébé donne aussi des contre-pressions et soutient le périnée.
Le programme de Medway a été une telle réussite que les résultats ont été publié dans le Journal Européen de l’Obstétrique de la Gynécologie et de la Reproduction Biologique. Le programme aimerait pouvoir s’étendre à tout le pays.
Les sages femmes et professionnels de l’accouchement ne seront peut-être pas surpris de ces résultats, mais c’est une grande nouvelle pour les femmes à travers le monde que ces méthodes soient enfin reconnues officiellement comme étant le meilleur et plus sûr moyen d’accouchement.”

Article de Kama Lee Jackson dans Mothering.

Traduit par Tata Doula

Développement cérébral du fœtus et musique

47ebb2d5e03fdace9fbe707b6eadd590[1]Le développement du système nerveux central débute précocement et se poursuit tout au long de la vie fœtale et pendant les premières années de la vie extra-utérine. La multiplication des neurones est précoce et s’achève vers la 20e semaine. Ensuite, les connections cellulaires entre neurones se multiplient pendant quelques années. Les cellules gliales se multiplient jusqu’à l’âge de 2 ans. La myélinisation des neurones commence à partir de la 30e semaine et se poursuit jusque l’âge de 4 ans. L’augmentation rapide du poids du cerveau qui est constatée dans la deuxième moitié de la grossesse et pendant les deux premières années de la vie extra-utérine correspond à ces phénomènes.

Dans l’utérus maternel

La construction du cerveau démarre dès la 5e semaine de grossesse : ébauche rudimentaire du système nerveux, le tube neural se forme et les grandes régions du futur cerveau sont déjà reconnaissables.

Chacune de ses quatre zones, appelées “lobes“, sera plus tard vouée à une fonction. Le lobe frontal à l’avant du crâne à la motricité, le lobe pariétal à la sensibilité, l’espace. Plus en arrière encore, le lobe occipital sera le futur siège de la vision. Et sous la tempe, le lobe temporal qui est chargé notamment de l’audition, de l’olfaction et de la mémoire. Au cours du 2e mois de grossesse, le cerveau se structure en deux hémisphères.

Le tube neural. Tout le système nerveux se développe à partir de cette structure : le cerveau, à l’une des extrémités du tube, de même que la moelle épinière et les nerfs. Les extrémités du tube se refermeront à la fin de la 6è semaine.

A peine formés, les neurones se déplacent pour gagner la périphérie et y former le cortex. Cette migration se fait grâce à des cellules spéciales, les fibres gliales, une sorte de câbles tendus entre le tube neural et la superficie du cerveau en développement. Une première ébauche du cortex se profile avec le développement des deux hémisphères, de l’écorce cérébrale et de la matière grise.

Vers les 3e et 4e mois, les neurones vont se multiplier à grande vitesse et se relier les uns aux autres en créant de nombreuses synapses. A ce stade, 100 milliards de neurones sont produits le long du tube neural à un rythme de 5.000 neurones à la seconde.

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Maria Callas: La cause de sa mort

thEWBI5J7PSi la carrière de Maria Callas a été exceptionnelle, elle fut relativement brève. Dès l’âge de 36 ans des difficultés vocales sont apparues et Maria Callas interrompra sa carrière vocale à l’âge de 40 ans. Maria Callas est morte à 53 ans et si différentes hypothèses ont été proposées, c’est celle d’une crise cardiaque qui a été retenue officiellement sans en spécifier la cause exacte.
Maria Anna Sofia Cecilia Kalogeropoulos est née le 2 décembre 1923 à New York. Ses parents étaient grecs et venaient d’arriver aux Etats-Unis quelques mois plus tôt. Son père était pharmacien.
Les biographes de Maria Callas ont régulièrement évoqué les relations difficiles de ses parents, sa jalousie de sa sœur aînée, les sentiments de ses parents qui n’avait d’yeux que pour sa sœur aîné, séduisante et parée de tous les atouts. « J’étais un vilain petit canard, grosse, maladroite et mal-aimée.»[« The Prima Donna » in Time Magazine, 29 octobre 1956]
Ces parents reviennent en Grèce, à Athènes, alors qu’elle est âgée de 13 ans. Maria Callas remporte une bourse d’études à la Royal Academy of Music. On la décrit alors comme une adolescente au physique massif, en surpoids mais avec déjà des capacités vocales et une interprétation hors du commun. Encore adolescente, à 15 ans, la jeune Maria Callas chante le rôle dramatique de Santuzza dans Cavalleria Rusticana. Maria Callas fera ses débuts quatre ans plus tard à l’Opéra d’Athènes.
Sa morphologie lui conférait une voix très sombre et, quand elle a commencé à apprendre le chant, elle avait un timbre qu’elle a qualifié de « presque noir ». [1. lettre musicien octobre 2017 N°347]
Sa voix était extrêmement puissante et à la fin de ses études vocales, sa tessiture était celle d’une soprano dramatique colorature « avec une extension d’une tierce mineure dans le grave et dans l’aigu, lui permettant de couvrir les tessitures de mezzo-soprano dramatique et de soprano lyrique colorature ».[1]
Les difficultés vocales de Maria Callas
A près de 40 ans, les difficultés vocales se feront ressentir. La soprano Renée Fleming émet une explication concernant ces problèmes vocaux : « J’ai ma propre explication au sujet de son déclin vocal. C’est plus en la regardant chanter qu’en l’écoutant que j’ai acquis la conviction que c’est son amaigrissement important et rapide qui est à incriminer. Ce n’est pas la perte de poids en elle-même… mais si quelqu’un se sert de son poids pour assurer son souffle et que ce poids diminue fortement, cette personne, si elle n’a pas développé une musculature de rechange, aura des problèmes de voix. Quelqu’un m’a dit que la manière dont Callas portait ses mains à son plexus lui permettait de « pousser » et par là même d’obtenir une sorte d’appui. Si elle avait interprété des rôles de soubrette, elle n’aurait pas connu de problème. Mais elle chantait les rôles les plus difficiles du répertoire, ceux qui nécessitent le plus de vigueur »

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