Drogues et professionnels du spectacle

306261_10151545135998185_1308949696_nLa consommation de drogues (licites et illicites) est la première cause de mortalité évitable. En 2010, année connue, les données épidémiologiques permettent d’estimer le nombre de vies humaines perdues en France, liées à la consommation pathologique d’alcool, à l’usage de tabac et à l’usage de drogues illicites, à respectivement 49 000, 79 000 et 1 600 (4) soit un total proche de 130 000 décès. »
Il existe de fortes disparités de la consommation de substances psycho addictives selon le secteur d’activité. En 2014, trois milieux professionnels étaient concernés par des niveaux élevés de consommation de Substances Psycho Addictives (SPA) licites (alcool, tabac) ou illicites (cannabis, autres drogues) : le bâtiment et les travaux publics (BTP), le secteur englobant les arts, les spectacles et les services récréatifs, ainsi que l’hébergement et la restauration [1].
Dans l’hébergement-restauration, les hommes occupaient la première place pour l’alcoolisation ponctuelle importante (API) dans le mois (39,7 %) et la seconde place pour l’ivresse dans l’année (36,7 %) ; la première pour la place de la cocaïne (15,6 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (3,9 %) ; la seconde place pour le tabagisme quotidien (42,8 %) ainsi que pour la consommation de cannabis dans l’année (17,6 %). [2]
Dans le secteur du BTP, les hommes arrivaient en tête pour le tabagisme quotidien (45,3 %), en troisième position, pour l’alcoolisation ponctuelle importante (API) dans le mois (32,7 %) et l’ivresse dans l’année (35,7 %), ainsi que pour l’usage de cannabis dans l’année (13,9 %). [2]
Les personnels masculins des arts, spectacles et services récréatifs, occupaient la première place pour l’ivresse (44,8 %) et l’usage de cannabis dans l’année (24,6 %), la seconde place pour la consommation de cocaïne (12,4 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (7,9 %) [2], la troisième place pour le tabagisme quotidien (40,4 %) et la quatrième place pour l’alcoolisation ponctuelle important (API) dans le mois (32,5 %) [2]. » [3]
Comme dans bien d’autres domaines, l’action préventive devrait s’inspirer de méthodes novatrices. Le renforcement de la cohérence dans un discours non moralisateur en évitant les « ne pas » participe à engager un dialogue ouvert sur ce sujet, en laissant à chacun sa liberté d’action en connaissance du risque, du moins chez les adultes. C’est cette liberté et une écoute préventive active qui est un des facteurs inducteurs de prise en compte de l’information préventive.
La prévention des addictions est un domaine à développer concernant les métiers du spectacle. La surmortalité précoce des musiciens dans les musiques actuelles devraient inciter les institutions à agir avec les associations concernées par ces actions, sans oublier de porter cette présentation à l’ensemble des artistes et des techniciens du spectacle quel que soit leur discipline et leur statut.
A noter
« Plus que tout autre toxique psychotrope, le cannabis jouit d’une réputation de drogue «douce», ce qui a tendance à banaliser son utilisation dans de nombreux esprits. En même temps, l’évolution de la plante commercialement disponible au consommateur semble s’orienter vers des produits de plus en plus concentrés au niveau de la substance active.
La relation entre le cannabis et la psychose est évidente pour tout clinicien confronté aux soins du jeune souffrant de psychose. Les différentes études disponibles montrent que le cannabis cause non seulement une péjoration de la symptomatologie psychotique et du pronostic, mais qu’il entraîne une plus grande difficulté à traiter ainsi qu’une atteinte aux compétences cognitives et sociales du patient, qui s’en trouve d’autant plus isolé et réfractaire aux approches psychothérapeutiques.
Au-delà de ces considérations thérapeutiques concernant l’individu souffrant déjà de psychose, le progrès de nos connaissances permet d’aborder une question de plus grande envergure avec des ramifications dans la médecine préventive mais aussi sociales au sens large : le cannabis peut-il causer une psychose chez une personne saine ? Les études épidémiologiques et biologiques récentes soutiennent fortement cette hypothèse. »

Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
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