Les troubles de la voix

La voix permet de communiquer, d’exprimer des émotions. La voix chantée prend place au cœur de cette expression. Dans la pratique amateur ou professionnelle, la voix chantée est soumise à des exigences et des contraintes techniques spécifiques qui la rendent plus apte à interpréter les répertoires devant un public mais aussi plus vulnérable. En prendre soin quotidiennement devrait être une évidence pour le chanteur, mais aussi pour tout professionnel de la voix.
Les troubles de la voix sont extrêmement fréquents chez les professionnels de la voix, chanteurs, comédiens, mais aussi enseignants, avocats, orateurs, etc.
Ces troubles ont été décrits dès le début du XVIIe siècle (1603) par Fabrice Fabrice d’Aquapendente (1533-1619), prestigieux maître d’école de médecine de Padoue, maître de l’anatomie dans toute l’Europe dès l’année 1603. Il souligne la relation entre la pathologie de la voix et la pratique professionnelle en décrivant la maladie des prédicateurs. Quelques années plus tard, Ramazzini (1635-1715) va consacrer un chapitre de son ouvrage Des maladies du travail aux « pathologies des chanteurs et des musiciens ».
La dysphonie est un terme générique représentant le symptôme dominant et le signe d’appel pour toute atteinte de la fonction phonatoire (qu’elle soit d’origine laryngée ou extra laryngée).
Afin de mieux représenter les atteintes de la voix chantée, plus récemment a été créé le terme de dysodie pour qualifier de manière plus spécifique les atteintes de la voix chantée.
Plus simplement on peut dire que toute modification de la voix est appelée dans le langage courant dysphonie, voix enrouée, voilée, soufflée, cassée, éraillée, plus grave, plus faible ou plus fatigable. Le chanteur ou le comédien pourra également se plaindre d’une gêne en chantant ou en parlant, d’un inconfort, etc.
C’est la qualité acoustique de la voix qui est altérée, le timbre, la hauteur, l’intensité.
La dysphonie est définie comme une « altération de la voix parlée se caractérisant par une altération de la voix dans sa hauteur, son intensité ou son timbre » (CHEVALIER Dominique (1998), « Dysphonie de l’adulte », Encycl Méd Chir, Encyclopédie Pratique de Médecine, 1-0470, 1998, Paris : Elsevier.)
Cependant, Le Huche et Allali (2010), en donnent cette définition : « la dysphonie est un trouble momentané ou durable de la fonction vocale ressenti comme tel par le sujet lui-même ou son entourage ».( Le Huche, F., Allali, A. (2010). La voix, Tome 2 – Pathologie vocale d’origine fonctionnelle 3e édition. Paris : Masson.)
La dysodie, du grec ôdê = chant. La dysodie représente le trouble de la voix chantée.
Cette définition s’appuie sur la perception subjective de la voix, mais la qualité de la voix se mesure également avec une l’évaluation instrumentale. Ces deux méthodes sont complémentaires et permettent d’évaluer la dysphonie.
L’évaluation perceptive se fait à l’oreille et l’évaluation instrumentale par la mesure des paramètres acoustiques et aérodynamiques du son. L’examen médical clinique et paraclinique vient encore compléter cette évaluation.

<Lire la suite

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s